Combats Lutte Sénégal : Le dopage, une sérieuse menace !

 

Comme dans toutes les disciplines sportives pratiquées de par le monde, la lutte avec frappe bien sénégalaise n’échappe pas à la tricherie. Le flot d’argent qu’elle draine depuis quelques années fait de sorte que certains pratiquants n’excluent désormais rien, pour figurer en bonne place. 

Quitte à braver tous les interdits et à prendre tous les risques nécessaires sur le plan sanitaire.

Et parmi ce qui apparaît comme flagrant dans ce domaine au Sénégal, c’est la rapidité avec laquel, Nessle, certains pratiquants de la lutte avec frappe font accroître leur masse musculaire.

Le dernier exemple en date est le cas du lutteur Gouye Gui qui le 4 avril prochain fait face au lutteur Ness. Ce dernier fougueux de nature est apparu depuis quelques semaines, avec une forme loin de refléter une seule bonne mine physique.

Gouye Gui est même devenu méconnaissable. Jouflu, la respiration difficile, l’énervement au bout du langage….bref, ce lutteur n’est plus le même.

Depuis quelques deux mois,  » le cas Gouye Gui » fait débat. Mais le lutteur balaie toujours en touche.

 » Je ne me dope pas. Mon embonpoint s’explique simplement par des mets gras et variés qui me sont servis par mes encadreurs et ma famille après les intenses entraînements »

 

Un discours difficilement acceptable chez le commun des amateurs et férus de lutte avec frappe au Sénégal.

Pourtant ce cas Gouye Gui est loin d’être une exception dans l’arène sénégalaise. Depuis quelques années les anabolisants et les autres comprimés  » augmentins » ont fait leur apparition chez les lutteurs.

Cela s’est tellement accentué que même le comité national de gestion ( CNG) de lutte, qui fait office de fédération au Sénégal en début de saison , en Décembre dernier, a parmi les nouvelles mesures qui entrent en vigueur révélé que  » désormais des contrôles inopinés peuvent être effectués sur des lutteurs choisis au volet après quelques combats ».

Mais jusque-là, il n a été fait cas d’aucun  » test ». Du moins officiellement.

Pourtant le débat enfle. Ce vendredi sur un plateau de télé en vue de son combat le 4 avril prochain face à un autre lutteur Ness, et pour lequel combat il a empoché plus de 25 millions de FCFA de cachets, dont la moitié déjà encaissée, Gouye Gui plus que jamais a encore nié. Malgré les preuves flagrantes.

 

   » Sa masse musculaire incite à une réflexion ardue ». 

Son mentor, lui aussi lutteur ? du nom de Sa Cadior qui ce dimanche 17 mars affronte le lutteur Papis Général qu’il dépasse de plus de 35 kg de muscles, montre les « signes d’un embonpoint anormal ».

Leur entraîneur respectif, l’ancien lutteur et capitaine de l’équipe nationale de lutte Mor Fadam dans les années 90, interpellé sur le cas Gouye Gui,  était sans ambages :  » la forme de Gouye Gui m inquiéte ».

Dans un autre cas, beaucoup de lutteurs célèbres dont Lac de Guiers II dont le palmarès est éloquent avec prés de 15 combats pour une seule défaite n’avait pas manqué de souligner dans un récent entretien que  » le dopage est bien réel et que beaucoup de lutteurs en usent pour accroître leur masse musculaire en un temps record ».

Et parmi les produits les plus utilisés, dans le milieu de l’arène on cite : le créatine qui se vend au su et au vu de tout le monde dans beaucoup de pharmacies de Dakar, mais surtout « le 45 jours » qui est une plaquette de comprimés à prendre et qui en 45 jours vous donne une masse musculaire importante.

Une situation d’insalubrité dans le sport sénégalais, mais surtout dans le milieu de la lutte avec frappe qui, de plus en plus est menacée par ces  » saletés ».

Le comité national de gestion ( Cng) de lutte , les autorités sanitaires et sportives du Sénégal sont interpellés au plus haut niveau.

Entre les risques de mort subite, de vieillissement avancé ou de dégradation  des moeurs sportives….le dopage mine à petit feu la lutte sénégalaise  devenue aujourd’hui dans ce pays, la première discipline sportive en termes de popularité et d’ambiance.

 

Oumar DIARRA, Africa Top Sports

Publié par Nicolas Coutain pour Africa Top Sports

Nicolas / ATS