Afrique Cameroun / Joseph Antoine Bell : « Il n’y a pas de raison de le remplacer Akono »

L’appel à candidatures pour le recrutement d’un sélectionneur pour l’équipe nationale fanion du Cameroun suscite le débat dans le pays. Parmi ceux qui s’expriment, des anciens footballeurs dont l’ex gardien de buts Joseph-Antoine Bell. L’ex capitaine de l’Olympique de Marseille croit que le processus déclenché par le ministère des sports et de l’éducation physique ne vise qu’à régulariser la situation contractuelle de l’actuel sélectionneur Jean-Paul Akono. Il ne doute pas un seul instant que son compatriote et ancien coéquipier en sélection restera à son poste. Interview.  

 

Qu’avez-vous pensé en apprenant que le ministre camerounais des sports et de l’éducation physique a demandé à la Fédération camerounaise de football de lancer un appel à candidatures pour le recrutement d’un sélectionneur national ?

J’ai entendu dire que le ministère des sports et de l’éducation physique avait donné 72 heures ou quelque chose comme ça. Même si la logique aurait voulu que l’on puisse simplement écouter le ministère des sports et la fédération et éventuellement l’intéressé, moi je ne crois pas qu’il y ait matière à faire des vagues ou des tonnes. A l’étranger, oui.  A l’étranger, on se serait surpris à commenter cet appel d’offres et à commenter la possibilité d’un remplacement de l’entraîneur. Peut-être que je me trompe, mais je me dis : de la manière dont Jean-Paul Akono est arrivé au poste et de la manière dont les choses sont faites au Cameroun, il s’agit plus d’une procédure administrative que réellement d’un recrutement. Voilà comment j’ai perçu cela. On ne lance pas un appel à candidature, on ne boucle pas un dossier en 72 heures. Voilà les indices qui m’ont fait penser qu’il s’agissait de la formalisation de quelque chose.

L’entraîneur Jean-Paul Akono que vous considérez comme le bénéficiaire de cet appel à candidatures estime que c’est une mauvaise chose que d’agir de la sorte et refuse de postuler… 

Il n’a plus besoin de postuler ! Il est connu, il est en place ! Mais ce qui est regrettable dans l’affaire et qui fait en tout cas mal c’est qu’on a l’impression qu’il y a un manque de confiance entre les parties prenantes et qu’il y a une absence de communication. Les deux choses font qu’on peut avoir ces déclarations contradictoires. Je crois que la seule chose qui aurait pu être publique, c’est la déclaration d’appel d’offres. Des discussions d’homme à homme auraient dû avoir lieu et qui auraient dû suffire aux uns et aux autres pour savoir qu’est-ce qu’il y a à faire. L’appel à candidatures, c’est plus pour les gogos, notamment les gogos étrangers qui se précipitent et qui appellent de toutes parts, qui enverraient leurs dossiers et l’affaire serait bouclée trois jours plus tard avec à mon sens, la confirmation d’Akono. Il ne faut pas oublier que Akono a pris ses fonctions il y  quelques mois. Je ne crois pas du tout que le Cameroun soit aujourd’hui dans l’optique de s’offrir en spectacle supplémentaire. On a remplacé l’entraîneur il y a quelques mois. Celui qui est là s’occupe de l’équipe et on gagne. Si on devait le remplacer, on attendra au moins une occasion. Et là, il n’y a pas d‘occasion pour le remplacer. Il n’y a pas de raison de le remplacer. Je ne crois pas que ce soit le moment d’opérer un nouveau changement qui va apporter de nouvelles vagues ainsi de suite. Je ne crois pas beaucoup à l’idée de remplacement de Jean-Paul Akono. En revanche, je maintiens que la communication est malheureusement défaillante, pour ne pas dire, à l’intérieur, absente. Et ça, non seulement on le savait, on le sait pour le déplorer, que la communication entre la Fédération camerounaise de football et le ministère des sports et de l’éducation physique ne passe pas. On sait aussi que la communication entre la Fédération et son entraîneur ne passe pas forcément. On a vu les débuts… Tout cela est très regrettable et préjudiciable en même temps. Je ne vais pas reprocher à Jean-Paul Akono de s’être exprimé, mais je crois qu’il y a quelque chose qui ne va pas, ça c’est clair. 

Il y a quelques années vous disiez que quand on veut un entraîneur, on va le chercher, on ne lance pas un appel à candidatures pour en retenir un…    

Absolument. Je comprends d’autant mieux ce qui s’est passé à cette occasion. On a déjà l’entraîneur. Si on procède encore à un appel d’offres, si on a annoncé qu’il était là par intérim et que personne n’a annoncé la fin de son intérim, ça veut bien dire qu’il y a une formalité, qu’elle aussi me semble logique. C’est une formalité purement administrative dans la mesure où la fédération ne se suffit pas à elle-même, ne paye pas son entraîneur. L’Etat du Cameroun, pour payer, a besoin de certaines formalités, voilà pourquoi je continue de penser que c’est simplement la formalisation de ce choix, de cet acte, de ce décaissement.  D’ailleurs, souvenez-vous qu’il n’y a encore pas si longtemps, le Cameroun ne lançait pas d’appel d’offres. Donc, quelqu’un un jour chez les fonctionnaires, a décidé vu le contexte de lutte contre la corruption, que le foot ne devait pas être en marge. Puisqu’on paye, on ne peut pas payer de gré à gré, c’est l’Etat qui paye de son argent. La fédération et le ministère des sports auraient pu eux aussi tout aussi bien solliciter du Premier ministère ou du ministère des sports, que l’entraîneur de football puisse échapper à cette procédure-là. Tout cela ce sont des supputations. Cela ne valait pas la peine de lancer l’appel puisque l’on sait qui on veut.


Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

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