Afrique Cabinda : Il y a 4 ans, Emmanuel Adebayor et le Togo étaient mitraillés avant la CAN 2010 !

8 janvier 2010, une date inoubliable pour les Togolais dans leur ensemble. Car c’est celle à laquelle le malheur venait frapper leur football jusque dans les entrailles. Ce jour-là, le bus de l’équipe nationale de football était mitraillé par des autonomistes, à Cabinda, une enclave du territoire angolais, où devaient se dérouler des matches de la CAN 2010. Au moins deux morts, des blessés et un profond traumatisme chez les Éperviers et au sein du football togolais. Quatre ans après, on s’en souvient encore comme si c’était hier.

Rappel des faits

adepleureLe 8 janvier 2010, l’équipe nationale de football effectue un banal parcours en bus entre le Congo-Brazzaville et l’enclave angolaise de Cabinda. Mais politique et violence viennent assombrir les prémisses de la Coupe d’Afrique des nations 2010.

Sitôt la frontière franchie, le véhicule est mitraillé à l’arme lourde par des militants autonomistes du Flec, le Front de Libération de l’Enclave de Cabinda. Joueurs et encadrants se jettent au sol mais, déjà, le chauffeur angolais est atteint. Puis, c’est au tour d’Abalo Amélété, l’entraîneur adjoint, et de Stanislas Ocloo, le chef de presse de la délégation, de périr sous les balles assassines des sauvages de Rodrigues Mingas. Les joueurs, choqués par trente minutes de mitraillage, ne sont pas épargnés. Le défenseur Serge Akakpo est sérieusement touché et le gardien de but Kodjovi Obilale est grièvement blessé. Sur place, le chaos et la confusion règnent.

La CAF d’Issa Hayatou remue le couteau dans la plaie

La Confédération africaine de football (Caf) accueille avec scepticisme les faits rapportés par les journalistes étrangers présents. Le président de l’institution, Issa Hayatou, refuse de s’exprimer. Finalement, dans la nuit, la Caf sort de son silence avec un argument polémique : la délégation togolaise aurait évité le drame en respectant le règlement de la CAN, à savoir en prenant l’avion et pas le bus.

D’un point de vue réglementaire, la CAF a raison et la Fédération togolaise de football (FTF) a tort. Mais le  manque d’humanité de la CAF, sa volonté de ne pas froisser l’Etat angolais, provoquent la colère au Togo.
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A Cabinda, les Éperviers sont partagés dans les heures qui suivent l’attentat : rentrer au pays ou disputer la CAN? Le gouvernement togolais va décider pour eux. Pascal Bodjona, ministre de l’Administration territoriale à l’époque, ordonne le rapatriement d’Emmanuel Adebayor et sa suite. Le groupe B se réduit alors à trois : Burkina-Faso,  Côte-d’Ivoire et Ghana.

Un forfait qui provoque étonnamment la fureur de la Caf. Ainsi, le 30 janvier 2010, M. Hayatou foule aux pieds la tolérance africaine qui impose qu’en de pareilles circonstances, on pense d’abord à la mémoire des disparus. La Caf sanctionne le gouvernement togolais pour ingérence politique, en suspendant les Éperviers pour les éliminatoires de la CAN 2012 et 2013. Ce n’est qu’en mai 2010 que la bande à Hayatou retrouvera la lumière de l’Esprit saint en revenant sur cette sanction grâce à une médiation de la Fifa.

Obilale : le symbole du drame de Cabinda

ObilaléSi Abalo Amélété et Stan O’cloo sont laissé leur vie dans ce drame, Kodjovi Obilale en est le symbole. Le gardien de but est rapatrié en France après plusieurs semaines d’attente. En Bretagne, le joueur est soutenu par l’Union nationale des footballeurs professionnels français (Unfp), puis reçoit 100 000 dollars d’aide de la Fifa. En revanche, la CAF et la FTF restent longtemps sourds aux appels de l’entourage d’Obilale. Les joueurs togolais sont écœurés, traumatisés. Emmanuel Adebayor, l’attaquant vedette et capitaine de la sélection, annonce sa retraite internationale et ne reviendra sur sa décision qu’en novembre 2011.

L’une des conséquences majeures de ce drame est sans nul doute la calamiteuse campagne éliminatoire pour la CAN 2012. Les Éperviers finissent avant-derniers de la poule K avec 4 défaites, 3 nuls et 1 victoire. Même si en 2013, les Togolais ont surpris le monde entier en se qualifiant pour la première de leur histoire pour les quarts de finale d’une Coupe d’Afrique, il faut reconnaître que les chenilles métalliques de Cabinda ont laissé des traces qu’il faut sérieusement panser pour espérer redonner de l’éclat au football togolais.

Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

L'équipe de la rédaction d'Africa Top Sports

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