Afrique CAN 2019 : Forces et faiblesses des pays candidats à l’organisation

Six pays ont fait acte de candidature pour l’organisation des phases finales de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019 et 2021. Gros plan sur les capacités de chaque pays candidat.

Vendredi 24 janvier 2014, le Comité exécutif de la Confédération Africaine de Football, Caf, a dévoilé les pays officiellement candidats à l’organisation des CAN 2019 et 2021. L’Algérie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la République Démocratique du Congo et la Zambie se positionnent pour 2019, tandis que l’Algérie, la Côte et la Guinée reviennent pour 2021 au cas 2019 ne marcherait pas.

Côte d’Ivoire : le géant de l’Afrique occidentale francophone

abidjanDes routes entièrement reconstruites, des immeubles totalement refaits, des ponts réhabilités ou reconstruits… impossible d’imaginer que la guerre est passée par là. La Côte d’Ivoire de Didier Drogba, ravagée par 10 ans de crise politique ponctuée par des guerres civiles dont la plus meurtrière est celle qui a suivi les élections présidentielles de 2010, a été reconstruite ou presque. En effet, pour le visiteur qui a connu Abidjan en 2010, et qui n’y avait plus remis les pieds, le changement impulsé par le premier citoyen ivoirien est saisissant. En moins de trois ans de pouvoir, l’ancien directeur général adjoint du FMI a redonné à la capitale économique de la Côte d’Ivoire et à bien d’autres villes de l’intérieur leur éclat. Autoroutes, échangeurs, ponts, voies interurbaines, ouvrages d’adduction d’eau potable, tout le pays est en chantier.

Cependant, les stades d’Abidjan et de Bouaké ayant abrité la CAN 1984 ne semblent plus adaptées aux réalités d’après l’an 2000. Grande nation de football, la Côte d’Ivoire, avec son niveau de développement connaît donc le défi qui l’attend avant 2019.

Cameroun : le moteur de l’Afrique centrale

Le Cameroun comme moteur de l’Afrique centrale, ce n’est pas évident a priori. Mais la réalité est là. Le Cameroun est bel et bien le moteur de cette partie de l’Afrique devant le Gabon qui se présente comme un pays riche, ainsi que l’a démontré Guy Gweth, consultant en intelligence stratégique, fondateur de Knowdys, 1er cabinet d’intelligence économique et due diligence spécialisé sur l’Afrique subsaharienne, interrogé par l’agence Acofin sur la réalité des échanges commerciaux entre la France et l’Afrique. Pour Guy Gweth, « le Cameroun pèse 35% du PIB de la communauté économique des Etats d’Afrique centrale ». Le Cameroun jouit par ailleurs d’une stabilité politique acceptable.

Mais cela n’a pas pourtant permis au Cameroun, qui s’est hissé sur le toit de la planète foot, de s’investir véritablement dans le développement de ce sport. Comme l’avaient siYaounde01 bien dit les supporters camerounais à la CAN 2008 au Ghana, «le football a tout donné au Cameroun ; le Cameroun n’a rien donné au football». Sa candidature ayant été retenue, le pays s’apprête à ouvrir les chantiers de réfection et de construction de stades. Ainsi, le stade de Limbe, première enceinte construite depuis l’arrivée au pouvoir de Paul Biya, va bientôt être inauguré, tandis celui de Bafoussam est en cours. Une volonté que viendra renforcer le Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis) lancé en 2006 avec l’appui technique et financier de la Chine.

L’Algérie : des infrastructures sportives hors-normes

Avec une situation politique très instable, susceptible de se cristalliser à tout moment du fait de la situation générale au Maghreb, l’Algérie n’offre pas suffisamment de garanties sécuritaires pour abriter des rencontres d’une telle envergure.  « Depuis plusieurs années, l’Algérie continue d’être plongée dans une grave crise politique. En l’absence d’un transfert pacifique du pouvoir des mains des militaires vers celles des civils et de l’exhumation du bilan de la «décennie noire», cette crise est appelée à durer », écrivait Aziz Enhaili, Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca.

Présentement, l’Algérie souffre terriblement d’un manque criant d’infrastructures sportives. Des stades avec des terrains gazonnés, il y en bien en Algérie, mais aucun d’eux n’est adapté pour abriter des matchs internationaux. Il y a des infrastructures sportives en quantité mais que celles-ci souffrent d’un manque d’entretien flagrant.

La RDC : une mine d’or inexploitée

KinshasaLa RDC veut organiser la CAN 2019… avec quels stades ? La question est sur toutes les lèvres à Kinshasa mais aussi dans les autres villes du pays. Elle est surtout posée par les analystes sportifs congolais qui estiment qu’il faut plus de deux villes pour abriter une compétition comme la CAN.  Avant d’accueillir la plus grande compétition sportive du continent africain, la RDC devra rénover les stades, réhabiliter les routes et les aéroports ainsi que les hôtels.

Malgré la richesse de sous-sol, la RDC a une économie fragile. Une économie fragilisée surtout par l’inextricable crise politique souvent soldée par des guerres civiles. Alors, le pays de Joseph Kabila réussira-t-il à taire tant soit peu le bruit des armes pour se consacrer résolument à la construction des infrastructures susmentionnées ?

La Zambie : un candidat sérieux

Refusée en 2004 pour manque d’infrastructures, la Zambie de Kalusha Bwalya revient encore pour 2019. Le gouvernement zambien s’est déjà dit prêt à accueillir l’événement. Son ministre des Sports, Chishimba Kambwili, a notamment déclaré récemment que des projets étaient en cours pour la construction de deux stades ultra-modernes supplémentaires. Un stade ultra-moderne a déjà été construit dans la ville de Ndola, dans la province de Copperbelt, et la construction d’un autre stade de 50.000 places a été achevée à Lusaka, la capitale du pays.

Deuxième exportateur mondial de cuivre et quatrième de cobalt, la Zambie fait partie de ces pays riches qui n’ont jamais réellement profité de leurs ressources. Cependant les infrastructures routières et hôtelières ne devraient pas constituer un obstacle majeur à l’organisation d’une CAN en Zambie.

Enfin la Guinée…

En Guinée, malgré les maigres moyens, l’on semble conscient du défi qui attend. Thierno Saidou Diakité, consultant et journaliste sportif, a lors d’une conférence de presse conakryattiré l’attention des autorités de son pays sur ce que signifie organiser une Coupe d’Afrique des Nations. « Il y a lieu d’adopter une démarche constructive pour satisfaire au cahier de charges de la Caf. Puisque nous avons abrité en mai 1999, la CAN des cadets, nous pouvons miser sur la CAN des Juniors en 2017, la catégorie supérieure. Pour cette compétition, la Caf n’exige que deux stades de compétition. A cette échéance, nous aurons en plus du stade du 28 septembre de Conakry, le grand stade de Nongo livré. D’ici là, il faudra réhabiliter le stade El Hadj Saifoulaye Diallo de Labé, qui servira de second stade de compétition », a préconisé le journaliste guinéen. La tâche est lourde…

Lequel des six pays sera retenu la CAN puis lequel autre pour l’édition suivante ? En tout cas, le respect des quatre conditionnalités contenues dans le cahier des charges est un passage obligé : quatre grands stades avec des gazons naturels, huit terrains d’entraînement, des infrastructures hôtelières et hospitalières, les télécommunications, les moyens de transports… Une commission d’experts, désignée par le comité exécutif de la Caf le 21 février 2014, visitera les pays candidats. Les pays hôtes des éditions seront connus en septembre 2014, après un vote de la Confédération africaine. Mais d’ores et déjà, la Côte d’Ivoire de Didier Drogba et le Cameroun de Samuel Eto’o se présentent comme des favoris.

Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

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