Afrique [exclu] Olympiakos, Eperviers du Togo, Tchakala: Matthieu Dossevi dit tout !

dooly

Avec 2 buts au compteur pour sa première saison avec l’Olympiakos, Matthieu Dossevi savoure la vie en Grèce. Dans une interview exclusive à nous accordée, le milieu de terrain raconte ses débuts dans un autre championnat que la France et sa nouvelle vie d’international A avec le Togo. Lecture.

Comment se passe cette première saison en Grèce ?

Ca se passe plutôt bien. Il faut un peu d’adaptation car c’est différent de la France sur beaucoup de points, mais dans l’ensemble c’est une bonne première saison. J’espère qu’on finira champion et qu’on gagnera la Coupe de Grèce, ça serait important pour le club et pour les supporters. Je regrette seulement de ne pas avoir participé à cette Ligue des champions, seul point négatif de cette saison.

Pourquoi avoir choisi l’Olympiakos après ton départ de Valenciennes ?

Déjà, c’est le plus grand club ici en Grèce et il est aussi reconnu sur la scène européenne. Il me permettait de jouer les premiers rôles dans un championnat, chose qui ne m’était jamais arrivé depuis que je suis professionnel. J’ai toujours été dans des équipes qui luttaient pour le maintien. Et pour finir, il me permettait de jouer la Ligue des champions, chose qui n’est pas rien. Hélas, je n’ai pu participer à celle ci. J’espère y goutter enfin l’année prochaine.

Comment peux-tu décrire le football grec ?

Le niveau est convenable, même si seulement 3 ou 4 équipes sortent du lot. Ce qui manque avant tout, ce sont des grands stades, car jouer dans des stades de 5.000 ou 10.000 places, pour la plupart, c’est pas très motivant. Heureusement qu’il y a notre stade, qui est un des plus beaux stades et d’ambiance que j’ai pu connaitre dans ma carrière, et qui est quasi plein à tous les matchs.

Il y a deux semaines, le derby contre le Panathinaikos a failli tourner au drame. Comment as tu vécu cette rencontre ?

C’était assez chaud, mais dans l’ensemble ça a été. Ce qui est juste déplorable, c’est l’usage d’engins pyrotechniques qui est quasi constant dans les stades ici, et que dans des derbys bouillants comme celui-là, ça tourne rapidement au bordel. Les projectiles en tout genre sont jetés sur les bancs adverses et ça peut vite dégénérer. J’espère que sur ce point, les instances grecques vont se mobiliser pour changer les choses avant que des drames n’arrivent.

mdoss

Ne pas avoir été inclus dans la liste pour la Ligue des champions, c’était une frustration pour toi ?

Oui ça a été une grande déception, d’autant plus que le coach ne m’avait pas prévenu avant, et que pour moi, c’était une évidence d’être dans cette liste. Mais bon, c’est du passé, ça ma fait grandir un peu plus. J’espère y participer l’année prochaine.

Parlons de l’équipe nationale du Togo. Après des années d’hésitation, tu as finalement fait des débuts l’année dernière en éliminatoires de la CAN 2015. Pourquoi as-tu finalement choisi les Eperviers et racontes-nous un peu comment ça s’est passé.

J’attendais seulement d’être un peu plus aguerri footballistiquement parlant avant de me lancer. Le football africain est différent de celui de l’Europe, et je voulais être plus mature avant de pouvoir représenter mon pays. C’est quelque chose de très important et une grande fierté, je ne voulais pas faire n’importe quoi. Maintenant je suis prêt et j’espère vivre de grands moments avec la sélection.

Premier match, lourde défaite (contre la Guinée 4-1). Tu as surement rêvé de débuts meilleurs !!!

C’est sûr que j’aurais aimé une autre entame pour ma première, mais bon, c’est comme ça, des fois les choses tournent pas bien. C’était surtout triste pour tout les Togolais qui étaient derrière nous. Quand on voit toute la joie et le bonheur qu’on leur apporte, c’est frustrant de perdre de la sorte.

Regardez la CAN à la télé a surement dû être très éprouvant. Selon toi, qu’est ce qui n’a pas marché durant ces éliminatoires ? Quelles quelles solutions proposes tu pour une meilleure campagne des Eperviers dans les éliminatoires de la CAN 2017 ?

Ce sont une multitude de détails qui font l’échec de cette qualification. Avant tout, ce sont nous les joueurs les  premiers responsables de cet échec. Nous sommes les acteurs principaux, et nous devons assumer. Nous sommes sur le terrain et nous devons faire mieux, beaucoup mieux. Ensuite, c’est sûr qu’on ne met pas tout à notre disposition pour accomplir notre tâche. Comme avoir un coach et un staff digne de ce nom pour encadrer les joueurs. Jouer sur une pelouse de qualité, à domicile, pour des matchs de cette importance, chose qui n’est pas le cas. L’état de la pelouse à Kégué n’est vraiment pas digne du football professionnel.

Etre également un peu plus isolé lors de nos regroupements, pour que l’esprit d’équipe se crée. En France, croyez-moi, personne ne peut accéder à Clairefontaine par exemple. Les joueurs s’y retrouvent et y sont isolés pour préparer leur match, chose qui est normal. Il y a énormément de potentiel dans cette sélection, et avec un peu plus de professionnalisme et d’encadrement, les choses pourraient vraiment changer, et le Togo pourrait jouer les premiers rôles sur la scène africaine.

Nous ne sommes pas inférieurs aux autres nations africaines, loin de là… Mais si on se contente toujours de faire les choses « à peu près », ce sera difficile. J’espère de tout cœur qu’on apprendra de nos échecs et que les choses changeront à tous les niveaux.

matdossev (Copier)

On a beaucoup parlé du coach (ndlr Tchakala Tchanilé) qui n’était pas à la hauteur de la tâche. C’était aussi ton sentiment ?

C’est difficile de lui en vouloir car il a très peu, voire aucune expérience du haut niveau. Il a fait ce qu’il pouvait, mais c’était forcément insuffisant. Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai pas loin de 200 matchs professionnels, je joue dans un des plus grands clubs européens, et il se permet de ne pas me mettre sur la feuille de match lors du dernier match au Ghana, alors qu’on avait encore la possibilité de se qualifier. En toute modestie, je ne prétends pas être titulaire a chaque match, loin de là, car il ya beaucoup de très bon joueurs dans notre sélection, mais de là à ne pas être sur la feuille de match, je pense qu’il faut respecter le joueur à un certain moment, chose qu’il n’a pas fait et qui m’a déçu. Après, je ne suis pas sûr qu’il fut le seul décisionnaire… Mais ça, personne ne nous le dira.

La Côte d’Ivoire fait-elle un beau champion d’Afrique ? C’était ton favori ?

Oui je pense qu’elle a gagné en toute logique. Ils étaient favoris, ils avaient un très bon groupe, mélangeant jeunes joueurs de talent et joueurs plus expérimentés et un très bon coach à leur tête. Ils ont une sélection bien organisée, et quelque part, il n’y a pas de hasard s’ils ont gagné.

Tu es issu d’une famille de sportifs. C’est plus facile pour assimiler le métier ? En quoi est ce que Thomas (frère et ex international) t’as aidé à t’intégrer chez les Eperviers ?

Forcément, c’est plus facile quand la famille est derrière toi et te pousse dans la bonne direction. Ou lorsque tu as des modèles, en l’occurrence mon grand frère et mon père, qui m’indiquent la bonne voie à prendre. Mon frère m’a conseillé sur pas mal de choses, après les choses se sont faites naturellement, surtout que je connaissais déjà quelques joueurs pour les avoir rencontré à plusieurs reprises sur les terrains de Ligue 1 en France.

Comment on dit « Merci » en Grec ?

Efcharisto poli.

Publié par Steven LAVON pour Africa Top Sports

Rédacteur en chef à Africa Top Sports. Premier portail sportif Africain. http://www.africatopsports.com