Algérie [exclu] Interview de l’avironniste Nabil Chiali

chiali

Il est des athlètes hors du commun, qui vivent leur passion comme une seconde nature, qui y croient c’est tout. Nabil Chiali, qui pratique l’aviron depuis ses 8 ans est l’un d’entre eux. Rien autour n’a plus de sens à ses yeux, il n’est pas fou, il aime l’aviron, il l’incarne tout simplement, c’est son refuge. Nous sommes allés à sa rencontre, pour vous le faire découvrir.

Depuis quand exerces-tu cette discipline ?
Je fais de l’aviron depuis novembre 1997, j’avais alors 8 ans.

Quel est ton palmarès ? As-tu participé à des compétitions internationales ?
J’ai été 19 fois champion d’Algérie, recordman d’Algérie, 4 fois vice champion d’Afrique toutes catégories, médaille d’or à la régate internationale de Tunis et argent à la régate Montblanc d’Aiguebelette.
Ma meilleure saison reste 2016 avec 4 titres de champion d’Algérie et un record en salle.

As-tu un surnom ?
On me surnomme « Michou » c’était celui de mon défunt père (allah yarhmah ndlr).

Est-ce que ton papa t’a inspiré dans ce choix ?
Oui. C’est en me racontant une de ses victoire alors que j’avais huit ans, que j’ai décidé de commencer le lendemain même.

Tu as fait beaucoup de voyage grâce à ta passion ?
J’ai beaucoup voyagé en effet et j’ai eu la chance de ramer dans les plus grands fleuves, tel que le Nil, la Seine ou le Guadalquivir à Séville…

Avec toute cette expérience personnelle, entraînes-tu ? As-tu un diplôme pour ça ? Le fais-tu bénévolement ?
J’entraîne oui, mais sans diplôme malheureusement… Mes formations sont fermées et consacrées à certaines personnes, qui n’ont d’ailleurs aucun rapport avec notre sport… Bénévolement, évidement pour mon club du CSUO (Club Sportif Universitaire d’Oran).

Quel est ton ressenti sur l’aviron en Algérie et dans le monde ?
L’aviron en Algérie est à l’image de tout le reste. Nous avons le « chic » d’avoir les mauvaises personnes dans notre discipline. La jeunesse en veut, mais beaucoup de gens médiocres nous entourent malheureusement. Mais ce n’est pas pour autant que l’on baisse les bras. A l’image de notre club (CSU Oran), qui est champion d’Algérie et qui va même concourir chaque année en Europe.

Penses-tu que l’Algérie à du retard ? Doit ou peut s’améliorer ? Dans quel sens et que manque-t-il ?
En Afrique nous sommes parmi les meilleurs, mais par rapport au reste du monde (Europe, Amérique et Océanie) nous accusons un retard considérable, du à la mauvaise gestion et au culot de certains dirigeants, à l’image du président qui se targue d’avoir acheté du matériel avec l’argent de l’état, comme s’il l’avait fait avec son propre argent, c’est dire à quel point nous sommes…

L’amélioration viendra avec le temps et avec beaucoup de travail. Les médailles se gagnent au niveau des clubs, malgré les embûches nous tiendrons bon à l’image de notre icône Makhloufi, qui contre vent et marées a décroché des médailles. Nous devons suivre son chemin et hisser notre drapeau le plus haut possible.

Penses-tu que la jeunesse doit être une priorité pour le développement du sport en Algérie ?
Évidement que la jeunesse doit être la priorité pour le développement, j’irais même plus loin : l’avenir est chez les enfants et nous devons dès maintenant former la prochaine élite, celle qui (inchallah ndlr) décrochera des médailles en 2020 et 2024.

Qu’aimerais-tu dire à ces jeunes qui te prennent en exemple ?

Une médaille olympique c’est huit ans de travail. Il faudrait avoir ça comme objectif et y travailler.

Comme dit notre président du CSUO, Nordine Tekkouk : « l’aviron c’est l’école de la vie, si on réussit dans notre sport qui est très dur et exigeant, on réussira dans la vie« . Cette phrase je me la remue dans la tête sans arrêt.

Interview réalisée par Dounia Mesli