Afrique [exclu] Amine Tirmane (USMA): « le joueur algérien est pétri de qualités »

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Leader actuel du championnat d’Algérie, l’USMA vient tout juste de remporter la Super Coupe face au MC Alger 2-0. Amine Tirmane, dirigeant du club est revenu pour nous sur la Super Coupe remportée en ce début de saison, la course au titre ainsi que la sélection nationale. Une interview en deux volets.

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mon nom est Amine Tirmane, j’ai 27 ans, je suis né à Alger. J’ai fait toutes mes formations ici, à Alger, entre autres des études de journalisme et communication.

Depuis quand êtes vous dirigeant au sein de l’USMA ? Quel est votre poste ?

Je suis responsable de communication à l’USM Alger, et ce, depuis presque trois mois seulement. Cependant, j’ai toujours été proche de ce club, tout d’abord en étant fan depuis ma naissance, puis en étant journaliste. Je couvre l’actualité de l’USMA depuis plus de 7 ans. A l’USMA, je connais tout le monde. Aujourd’hui, on a eu besoin de moi, j’ai accepté d’aider le club pour une période, avec des projets de communication, et surtout de développer l’image et la marque USMA, un club dont l’état d’esprit est particulier.

Vous étiez un ancien joueur ? Vous êtes sur Dzair TV, quel est votre rôle, depuis quand y êtes vous ?

Effectivement, j’ai joué au football jusqu’à l’âge de 20 ans, puis j’ai arrêté pour me concentrer sur ma deuxième passion qu’est le journalisme sportif. Cependant, j’ai fait mes classes à Ain Benian et non pas à l’USMA, contrairement à mon frère aîné qui a fait les deux équipes. Je suis journaliste à Dzair TV depuis 2011. Avant, j’étais journaliste stagiaire pendant 2 ans au quotidien « maracana », j’étais encore à l’université de journalisme. Ensuite il y a eu Dzair Web TV, une web télé, devenue aujourd’hui une chaîne de télé satellitaire. J’étais reporter sportif, chroniqueur, puis présentateur d’émissions sur l’actualité du football algérien. Je me spécialisais dans l’actualité de l’USMA et de l’équipe nationale.

L’USMA remporte le trophée de la « SuperCoupe » cette saison, qu’en retiendrez-vous ? (Tout en sachant que la Coupe est allée à votre voisin MC Alger la saison passée, une confrontation capitale.)

C’est toujours important de remporter des titres, nous avons été champion d’Algérie la saison passée, et le MCA a gagné la Coupe d’Algérie, d’ou notre confrontation en Super Coupe. Nous l’avons remporté grâce à la volonté de chacun, supporters, dirigeants, staff technique et joueurs. Gagner ce derby a une saveur particulière, mais soulever un trophée comme supplément, ça ne peut être qu’un moment de fierté pour toute la famille usmiste.

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« une question de fierté et d’orgueil »

Étiez-vous persuadé de décrocher le trophée dès l’entame de saison ?

Quand on s’appelle l’USMA, on doit penser aux titres. Même si le groupe vivait des moments difficiles – après la défaite face au rival en championnat deux semaines avant – les joueurs savaient la responsabilité qu’ils avaient. Celle de se racheter auprès des supporters et la direction du club. Tout le monde s’est mobilisé pour décrocher ce titre. C’était une question de fierté et d’orgueil.

On a lu un post de l’USMA, qui dit que « ce titre n’est que symbolique » qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’il n’est pas si important que ça ?

La Super Coupe n’a pas une popularité en Algérie contrairement à la Coupe d’Algérie, le championnat ou un titre international. Cependant, nous constatons que ce titre qui n’existait pas avant, commence à devenir important. Nous l’avons joué à fond, car il s’ajoute au beau palmarès du club. Puis l’a jouer face au frère ennemi, ça devient plus que symbolique, c’est une question de suprématie et de fierté.

Comment s’est déroulée cette saison pour vous ?

Nous ne sommes qu’à la 10ème journée. Nous avons un bon effectif, Jean Michel Cavalli a décidé de partir car il ne se sentait plus à l’aise. Paul Put vient de le remplacer, et nous comptons beaucoup sur lui pour apporter le plus escompté. C’est un entraîneur qui a le profil adéquat pour mener le club à bon port. Il a de l’expériences, il aime le beau jeu et sait gérer un groupe avec sa communication. C’est quelqu’un qui sait créer la joie de vivre dans le groupe.

« l’USMA dispose de moyens digne d’un club européen »

Vous êtes toujours dans la course pour le titre de Champion d’Algérie ? Comment cela s’annonce ? Il reste 18 semaines avant de connaître l’heureux champion d’Algérie.

Effectivement, nous sommes leaders avec le même nombre de points que le MC Oran et l’Entente de Sétif. Le nouveau coach entame son travail ce lundi. Nous avons perdu déjà 3 matches, nous n’avons plus le droit à l’erreur. Le président Haddad a mis beaucoup de moyens et dépense beaucoup d’argent dans ce club. Aujourd’hui, l’USMA dispose de moyens digne d’un club européen, et les joueurs travaillent dans d’excellentes conditions. Il y a un manager général qui apporte beaucoup de sérénité dans le club, et avec le recrutement de Paul Put, l’USMA vise bien entendu le titre cette saison. En janvier, l’équipe sera renforcée par quelques joueurs pour bien finir la saison et surtout bien entamer la Ligue des Champions.

« Raouf Benguit est convoité par plusieurs clubs européens depuis sa bonne prestation avec l’équipe national olympique. » est-ce que vous craignez de voir vos meilleurs joueurs partir ? Comment se déroule le mercato en Algérie, au sein de votre club ? Avez-vous des joueurs en ligne de mire ?

Benguit est à l’USMA sous forme de prêt. Il appartient au Paradou AC, un club qui dispose d’une académie qui forme d’excellents joueurs comme Bensebaini qui évolue au Stade Rennais. L’USMA est un tremplin pour Benguit, afin d’embrasser une carrière européenne, et ça serait une fierté aussi pour notre club. Cela dit, on aimerait aussi le garder un moment, qu’il joue avec nous au moins la Ligue des Champions jusqu’à la fin.

Pour le mercato hivernal. Le manager général Boudjemaa Mohammedi, ainsi que les membres de la cellule de recrutement dont Mohamed Belkacemi, DTS du club, Mustapha Aksouh responsable du secteur jeunes et Bernard Simondi entraîneur de la réserve et Mahieddine Meftah coordinateur technique. Ces gens là supervisent quotidiennement des joueurs susceptibles de renforcer le club. Il y a un gros travail qui se fait dans ce sens. Je peux vous dire qu’il y a une liste de joueurs que le club suit depuis l’année dernière (ndlr).

« C’est le rêve de tout usmiste »

 

Quelles sont les prochaines étapes ?

Rester leader du championnat jusqu’à la fin de la saison, conserver notre titre de champion d’Algérie remporté la saison passée. Jouer à fond la Coupe d’Algérie qui est une tradition à l’USMA, puisque le club détient le record de finale disputée avec 17 finales, dont 8 titres. Et bien évidemment jouer la ligue des champions d’Afrique, qui débutera en février prochain. C’est le rêve de tout usmiste. Nous avons joué deux demi finales et une finale en 2015. Ce titre manque à l’USMA, et tout le monde est conscient qu’il nous le faut.

Avez-vous des joueurs qui évoluent en équipe nationale ?

Oui, il y a le défenseur central Nacerddine Khoualed qui s’est malheureusement blessé lors de la finale de la Super Coupe…  Ensuite il y a 4/5 joueurs qui sont suivis par les membres du staff technique de l’équipe nationale, pour une éventuelle convocation.

Que pensez-vous du football en Algérie ? 

Il y a de la patte, la qualité y est, mais cela est mal géré. Le manque de formation persiste, et le manque de moyen aussi. Je parle de nos clubs. Mis à part l’USMA qui est bien structuré, le MCA et le CSC sont riches, mais peinent à trouver une stabilité au niveau de la gestion et les autres clubs souffrent de problèmes financiers. C’est dommage, car le joueur algérien est pétri de qualité, ce qui lui faut, c’est ne formation digne de ce nom.

« Si l’Algérie joue l’Euro, elle a plus de chance de briller qu’en disputant la CAN. »

Sélection nationale

L’équipe nationale peut compter des joueurs de talents, pour ne citer que Riyad Mahrez ou encore Islam Slimani… pourquoi l’équipe peine-t-elle à s’imposer en Afrique voir dans le monde (2ème au classement en Afrique, CAF) ? Le dernier titre remonte à 1990, une CAN qui se jouait sur nos terres en plus de cela. Les Verts ont-ils besoin d’être entourés de leurs supporters pour gagner ?

Il n’y pas que le fait de jouer devant ses supporters. Il y a le climat africain. 90% des joueurs de l’équipe nationale sont nés et ont grandi en Europe. Jouer en Afrique noir est difficile pour eux, avec une chaleur dépassant les 38° et un taux d’humidité très élevé. Ajouter à cela les mauvaises qualités des pelouses. Puis les adversaires sont très costauds physiquement. Si l’Algérie joue l’Euro, elle a plus de chance de briller qu’en disputant la CAN. C’est pourquoi je pense que l’idéal est d’intégrer deux à trois joueurs locaux, eux en revanche s’acclimatent plus facilement aux conditions africaines.

 

« quand les Algériens sont dos au mur, c’est là qu’ils se défoncent sur le terrain. »

C’est une équipe qui est craint pourtant, (28ème mondiale) qui a fait grand bruit face à l’Allemagne, en Coupe du Monde. Vous pensez qu’ils iront plus loin s’ils se qualifient à la prochaine Coupe du Monde en Russie ?

Le match nul face au Cameroun à Blida, est un gros risque. Lors du prochain match face au Nigeria, les joueurs seront dos au mur. Une défaite serait synonyme de catastrophe. Cela dit, quand les Algériens sont dos au mur, c’est là qu’ils se défoncent sur le terrain. Une victoire permettrait à l’équipe de rester en course. Le nouveau sélectionneur George Leekens, qui est bon sur le plan psychologique a fait un gros travail dans ce sens, même s’il n’a pas assez de temps, il est capable de trouver des solutions.

C’est une équipe qui a changé à plusieurs reprises de coachs ces derniers temps. Qu’est-ce qui explique ce fait ? Est-ce les joueurs qui n’accrochent pas ou la Fédération qui cède à la pression (des supporters) ou qui est alors juste mécontente ?

Les entraîneurs recrutés sont bons techniquement. Mais c’est leur personnalité et leur méthode de communication qui a fait défaut. Tout est une question de profilage. Tous les entraîneurs sont bons, mais il y a un entraîneur qui a le bon profil, d’autres ne l’ont pas. En Algérie, il faudrait un coach de caractère et communicateur avec les joueurs. Peut-être que Leekens remplit ces critères.

Pourquoi ne pas prendre un coach algérien au lieu d’un étranger

C’est une question qu’il faudra poser aux concernés, c’est à dire les responsables de la fédération algérienne de football.

Comment s’annonce votre prochaine rencontre face au MC Oran ?

On est leaders avec le même nombre de points. C’est une équipe accrocheuse pas facile à manier, elle. Ça sera le premier match de Paul Put, j’espère qu’il y’aura son effet. Ses premiers contacts avec les joueurs se sont très bien passés ce matin…

Après avoir été défait par l’USM-El-Harrach sur le score de 2-0, ce samedi en encaissant par la même occasion sa 3ème défaite de la saison (presque autant que la saison passée) l’USMA doit gagner son prochain match face au MC Oran pour respirer un peu, ce samedi même. Un match qui s’annonce compliqué et tendu entre les deux équipes. Avec en prime une grande première pour Paul Put, le tout nouveau sélectionneur des usmistes. Un baptême du feu qu’il devra relever pour pousser son équipe dans la bonne direction.

Interview par Dounia  MESLI  @Mesli_Dounia

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