Afrique CAN 2017: La liste des Eléphants à l’épreuve des critiques

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Tout le monde est d’avis ou presqu’il n’a pris personne à contre-pied. Il est arrivé là où on l’attendait. Dans une logique de continuité. Sa continuité. Patrick Guitey (journaliste), comme bien d’observateurs, n’est donc pas surpris devant la nomenclature du commando ivoirien pour Gabon 2017. Même s’il aurait « fait une autre liste« .

Parce que, regrette-il, « on y trouve des joueurs qui ne sont pas en jambes à l’image de Wilfried Bony, Max-Gradel, ou encore des joueurs longtemps sélectionnés mais qui n’ont  jamais passé un autre cap tels que Diarrassouba Viera et Sayouba Mandé« . La notion de continuité serait-elle alors un filon savamment exploité pour servir les besoins de la cause? C’est, en tout cas, l’analyse que pond Didier Otokoré, champion d’Afrique 1992, pour qui « Dussuyer se réconforte en disant qu’il garde son ossature des éliminatoires de la CAN et du Mondial. Mais dans cette continuité, ce n’est pas normal qu’il ignore Assalé Roger qui a brillé avec le TP Mazembé et gagné des coupes africaines. En l’absence de Gervinho, il aurait été intéressant de l’intégrer dans ce groupe« .

Voilà qui convoque le critère déterminant de la forme du moment. Un code qui, selon Patrick Beket (journaliste) a été, une fois de plus, violé. « Je désapprouve certains choix, parce qu’on va à une compétition avec les hommes qui sont en forme« , rappelle le confrère.  Les arguments avancés par Dussuyer pour justifier la présence de Gradel et Bony ne semblent donc pas peser lourd à ses yeux: « Il dit qu’ils sont victimes des choix de leurs entraîneurs respectifs. Je dis c’est malheureux, parce qu’il leur appartenait de s’imposer en club pour se faire de la place« . Olivier Asseman du quotidien « Supersport » enfonce le clou avec à la clé une tout autre préoccupation: « Zaha (Wilfried), insiste-t-il, n’a pas encore le feu vert de la FIFA. Il aurait fallu attendre pour le mettre sur cette liste. Je suis convaincu que Zaha va sauter au dernier moment. Cette liste me laisse sur ma fin. Il y a des joueurs qui on brillé en 2015. Mais ils ne sont pas au mieux de leur forme actuellement. Ils ne sont pas capables de mener  la côte d’ivoire au sommet de l’Afrique ».  Une Côte d’Ivoire dont le journaliste évalue les chances de succès au rendez-vous gabonais à 50%.

Pour l’ensemble des observateurs, des joueurs ont amplement fait le boulot, qui  méritaient de prendre le train de Gabon. En l’occurrence: Doumbia Seydou (FC Bâle), Gohi Bi Cyriac (Ostende), Comara Cheick (AFAD) et Cissé Karim (SC Gagnoa). Qu’à cela ne tienne, l’osmose est de mise autour de l’équipe nationale. Car, comme dit Otokoré « il n’y a pas de sélection idéale« , le vin est tiré il faut le boire.  « En 2015, on a vu par exemple Eric Bailly à la place de Franc Kessié. Illustre inconnu, le jeune défenseur avait sorti une superbe prestation et permis à la Côte d’Ivoire de remporter la CAN« .

Un rappel de Patrick Guitey. D’aucuns, comme Kader Guilavogui (Le Courrier) ajoutent même que, malgré tout, Gradel et Bony « peuvent apporter leur expérience, leur vécu à l’équipe. Leurs conseils, leur apport sur le banc seront fort appréciables« .  En tout cas dans une CAN qui s’annonce difficile, tous les 23 Eléphants devraient jouer vaillamment leur partition. Vu que l’objectif est de défendre crânement le titre acquis en 2015.

EMGEY MARTIAL, à ABIDJAN

Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

L'équipe de la rédaction d'Africa Top Sports