Afrique CAN 2017 : 46 pays africains obligent le groupe Lagardère à une baisse des droits de diffusion

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La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2017 aura lieu au Gabon, du 14 Janvier au 5 Février. Pour les Africains, la question revient à chaque édition : Comment suivre la performance de leurs ambassadeurs ?  Depuis le début des années 2000, le plaisir de savourer la messe du football africain a souvent été gâché pour bon nombre des populations africaines. Seuls les plus aisés auront le privilège de regarder les matchs tranquillement sur leur canapé. Bein Sports ou Canal + leur permettront de suivre tous les matchs de la compétition.

À quelques heures de l’ouverture de la CAN, Grégoire Ndjaka, directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR) travaille encore à aider les dernières télévisions publiques qui n’ont pas encore acquis les droits de diffusion. Le constat est affligeant. Aucune agence africaine de marketing sportif ne détient les droits liés à la CAN ! C’est le groupe Lagardère qui en est propriétaire, via Sportfive, sa filiale spécialisée dans la gestion des droits marketing et audiovisuels sportifs. La Confédération Africaine de Football (CAF) lui a accordé un monopole sur le football africain depuis 2008. En 2016, ce monopole a été reconduit jusqu’en 2028.

« Mercredi, j’ai travaillé jusqu’à minuit pour boucler le dossier burkinabé. Nous ne sommes pas en avance, mais lors de la dernière CAN, certaines avaient signé alors que le premier match était déjà commencé », se souvient Grégoire Ndjaka dans des propos relayés par Jeune Afrique.

L’Union Africaine de Radiodiffusion (UAR), un organisme qui rassemble les radios et des télévisions publiques du continent, est montée au créneau afin de négocier une baisse des coûts de retransmission de cet événement populaire et d’élargir l’accès aux pays les plus pauvres du continent.

« Pour la première fois, grâce à l’accord-cadre arraché le 12 décembre par l’UAR, nos 46 membres ont obtenu une réduction des droits de retransmission des huit compétitions de la Confédération africaine de football (CAN, Chan, etc.) programmées en 2017 et 2018. Nous visions une baisse de 50%, mais nous sommes déjà très satisfaits d’avoir enregistré un recul des droits allant jusqu’à 30% », explique Grégoire Ndjaka. Des négociations pour lesquelles l’UAR a pu compter sur l’implication du Président sénégalais Macky Sall.

Ce sont les télévisions nationales des pays qualifiées pour la CAN qui paieront le plus : environ 1,3 millions d’euros. La chaîne bissau-Guinéenne, compte tenu de la taille de son marché, a néanmoins vu sa facture ramenée à 300 000 euros. À l’autre bout du spectre, un certain nombre de groupes audiovisuels de pays en difficulté ont obtenu de verser une somme symbolique de 15 000 euros. C’est le cas de la Centrafrique, du Lesotho, des Comores, de l’Érythrée, de Sao Tomé et du Swaziland. Au total, Sportfive pourrait collecter jusqu’à 30 millions d’euros.

Depuis son édition de 2011, les droits de retransmission de la CAN ont augmenté de 50% en 2013, puis de 20% en 2015, pour enfin se stabiliser à 1,35 millions d’euros en 2017. Cette somme représente plus que le double des droits de retransmission de la Coupe du Monde de 2014, pour moitié moins de matchs.

Publié par Isidore AKOUETE pour Africa Top Sports

Journaliste à Africa Top Sports Premier portail sportif Africain http://www.africatopsports.com