Afrique Seydou Doumbia : « Les secrets de mon succès en Suisse »

epa05439125 Basel's Seydou Doumbia cheers after scoring during a Super League match between FC Basel 1893 and FC Sion, at the St. Jakob-Park stadium in Basel, Switzerland, 24 July 2016.  EPA/GEORGIOS KEFALAS

En prêt au FC Bâle, Seydou Doumbia a fait montre de ses talents de buteur en décrochant le soulier d’Or 2017 avec 20 réalisations. Troisième exploit du genre pour l’Ivoirien dans la Super Ligue suisse (2 fois avec Young Boys auparavant).  En vacances, et dans l’attente d’une prochaine destination, l’ancien Moscovite prend du bon temps. Occasion pour lui d’évoquer,  à froid, cette saison  à rebondissements. Il parle, également, de son retour en sélection et ses ambitions.

Grâce à une fin de saison explosive, vous avez terminé meilleur buteur du championnat suisse. Quel a été le secret de cet exploit?

Je voulais déjà dire ma joie de réaliser cette performance. Ça fait toujours plaisir de terminer meilleur buteur d’un championnat. C’est clair que le début de saison a été très difficile. Mais, comme à mon habitude, je suis resté concentré jusqu’à la fin. J’avais pour objectif premier le titre de champion et ensuite la Coupe. Et pour couronner le tout, décrocher le soulier d’or. J’ai donc gardé la tête sur les épaules. Voilà comment j’arrive à ce succès.

Vous flambez sur la fin, alors que le FC Bâle avait déjà annoncé qu’il ne lèvera pas l’option d’achat vous concernant. Comment avez-vous fait pour dominer cette situation visiblement frustrante ?

Je me suis dis que ça arrive qu’une équipe ne veuille pas lever une option d’achat. Pour moi, cela ne m’empêchait pas de jouer au football. Après tout, je suis un sportif, mon métier consiste à jouer. C’est avec cette concentration que j’ai pu terminer le championnat

Le titre de champion de Suisse a-t-il un goût particulier pour vous comparé aux couronnements en Russie ?

Oui, parce qu’en deux saisons passées en Suisse avec Young Boys, je n’avais pas connu ce bonheur de sacre collectif aussi bien en championnat qu’en Coupe. J’étais donc parti de là-bas avec un goût d’inachevé ; j’en avais gros sur le cœur. Certes, j’avais déjà été sacré deux fois meilleur joueur et meilleur buteur du championnat suisse. Mais, j’avais besoin de ce titre pour couronner le tout. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai remporté ce trophée.

« Je suis resté toujours positif »

Est-ce que ces succès effacent tant soit peu les frustrations vécues à la Roma ainsi que le bref passage à Newcastle où vous avez très peu joué ?

J’ai eu, effectivement, des difficultés à la Roma qui est actuellement mon club. Toutefois, ces difficultés ne m’ont pas enlevé l’envie de jouer au football. Je suis toujours resté positif ; c’est le plus important. Après, il est évident que ces titres de champion et de meilleur buteur gomment un peu cette parenthèse. Ça va me permettre de m’aventurer dans un autre championnat.
« Pour l’instant, je ne pense pas à la Chine »

Pour la suite, l’ont sait qu’il n’y pas volonté ou possibilité pour vous de retourner jouer avec la Roma. Quelles sont les pistes qui se dessinent actuellement?

Rire. Disons que j’ai plusieurs offres. Dans les jours à venir, vous en saurez un peu plus. Pour l’instant, je suis en discussions effectivement avec des clubs dans plusieurs pays d’Europe.

Lesquels ?

Il y a les championnats espagnol et portugais. Après, j’ai des offres venant de la Turquie et d’autres pays

Un moment, on vous avait annoncé pour la Chine. Le temps serait-il arrivé, maintenant, d’aller tenter cette autre aventure ?

J’ai encore envie de jouer au haut niveau. Je sais que j’ai les qualités pour y arriver. J’essaie de mettre tout à ma disposition pour continuer à prendre du plaisir. Donc, pour l’instant je ne pense pas à la Chine.

Cette fin de saison, c’est aussi ton retour chez les Eléphants. Un retour marqué par un doublé. Peut-on dire que l’heure de Doumbia en équipe nationale a maintenant sonné?

Je ne saurais vous le dire. De toutes les façons, moi je suis le joueur. Après chacun a sa manière de voir. Mais bien avant cela, chaque fois que j’ai été en sélection, c’était toujours pour apporter un plus à l’équipe, même si les choses ne se sont pas toujours passées comme souhaité.  Pour le moment,  ça se passe super bien. J’espère que ça va continuer.

La Côte d’Ivoire est à une phase de construction ; c’est un groupe jeune avec beaucoup de problèmes de vestiaires, des  rumeurs persistantes. Mais il y aura surtout la concurrence devant avec les retours de Zaha et Kodjia. Sentez-vous la pression pour la suite des éliminatoires ?

La Côte d’Ivoire a toujours eu de bons joueurs. Aujourd’hui un nouveau groupe s’installe avec beaucoup de jeunes. C’est à nous autres anciens de les aider à s’intégrer afin de pouvoir relever, ensemble, les prochains défis qui vont se présenter à nous. Après, ça va être, effectivement, difficile ; il y aura de la concurrence. Mais, on ne va pas s’entretuer pour autant. Le plus important, c’est de donner tout ce qu’on a pour notre pays.
Un mot sur la mort brusque de Cheick Tioté, votre compatriote et ancien coéquipier (en sélection et en club) ?

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris la mort d’un de mes frères et coéquipier. Jusqu’à l’enterrement, dimanche (18 juin),  je n’y croyais pas encore. J’ai été encore plus choqué à la vue du corps. Comme on le dit, c’est la volonté de Dieu. J’espère qu’il va reposer en paix. Mais franchement, les mots me manquent tellement je suis choqué.
Une correspondance particulière de Martial Galé

Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

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