Foot Afrique [Interview Exclu]: RCF 92, Coupe Gambardella, foot africain, Christian Mbouma se confie

Racing-1

 Entraîneur du Racing Club de France, Christian Mbouma (photo, au milieu) réussit une belle saison avec son équipe. Une saison  dont le bilan pourrait être des plus brillants si le RC 92 arrive à battre les Girondins de Bordeaux en 16ème de finale de la Coupe Gambardella ce week-end. Dans cette interview accordée à Africa Top Sports, le technicien camerounais revient sur cette rencontre et l’état d’esprit de ses joueurs. Il évoque également la situation du football africain en général et en particulier celui du Cameroun, son pays. Lisez plutôt !

 

Christian Mbouma, vous êtes l’actuel entraîneur de l’équipe première des U19 du Racing Club de France, une équipe qui vous a été confiée en février 2017. Un an après en avoir pris les rênes, comment se porte votre équipe aujourd’hui ?

Elle est sur courant alternatif, capable de belles performances comme de passer au travers sur certaines rencontres. C’est une donnée que l’on retrouve souvent chez les équipes de jeunes, ce manque de régularité caractérisé par de bonnes et de moins bonnes périodes. Il faut aussi spécifier que nous sommes encore engagés dans 4 compétitions, donc forcément au niveau des organismes la fatigue peut se ressentir et ce n’est pas si évident de concilier les études secondaires et la pratique du sport avec de nombreuses échéances et des attentes élevées.

Qu’estimez-vous lui avoir apporté de plus depuis que vous avez été porté  à sa tête en tant qu’entraîneur ?

Un plus au niveau de la rigueur, le goût de l’effort et du travail ainsi que sur l’aspect mental, le respect des valeurs du club qui sont surtout des valeurs humaines, mais chaque entraîneur a son fonctionnement, sa philosophie et bien évidement j’essai de mettre la mienne en pratique ainsi que mes méthodes de travail.

Avant d’être nommé coach de l’équipe première des U19 du Racing Club de France, vous occupiez d’autres fonctions au sein de ce club. Parlez-nous en et brossez-nous votre parcours dans le monde du football.

Oui, cela fait désormais 6 ans que je suis éducateur au sein du RCF 92. J’y ai commencé en prenant la réserve des 17 ans NTX qui évolue en DSR avec successivement une 5ème place la 1ère saison , une 4ème place la seconde saison et une 3ème place la dernière saison avec également une finale de coupe de Paris malheureusement perdu aux tirs au but.

Puis j’ai changé de catégorie en prenant en main la réserve des 19 ans DH (Division d’honneur, Ndlr) du club évoluant en DHR (Division d’Honneur Régionale, Ndlr). Dès notre  première saison, nous avons gagnés le championnat et permis à l’équipe d’accéder à la DSR (Division Supérieure Régionale, Ndlr), pour la seconde saison nous avons donc évolués à l’échelon supérieur en rencontrant la même réussite lors de la première partie de saison en occupant successivement les 2 premières places du classement avant que la direction du club ne fasse appel à moi pour prendre en main l’équipe première des U19 évoluant donc en DH avec comme objectif de redresser la courbe des résultats, ce que nous avons réussi à faire en compagnie de mon adjoint de toujours LAHDIR Mustapha (photo, à droite), puis nous voilà sur cette troisième saisons avec des fortunes diverses mais toujours avec beaucoup d’émotions.

Auparavant je m’étais occupé des seniors de L’E.S Nanterre après avoir fait mes classes sur différentes équipes et club au sein de l’école de foot.

On le sait, vous êtes Camerounais d’origine. En tant que technicien, que pensez-vous du football africain en général et du foot camerounais en particulier ?

Je pense que le football Africain a une richesse encore mal exploitée, mais il est bien plus développé qu’il y’a une vingtaine d’années. Par exemple, nous manquons de structure forte, de dirigeants hautement qualifiés et, le plus important, de formateurs compétents pas forcément reconnus mais sensibilisés sur le sujet. Ce n’est pas un problème de joueurs car l’Afrique regorge de talents et d’un potentiel inexploité.

Il faut aussi reconnaître que le manque de moyen ne nous aident pas non plus à fixer et atteindre des objectifs élevés, par exemple trop peu de championnat africain sont reconnus mondialement du fait qu’il ne soit pas professionnel et en 2018 ce n’est pas acceptable. Pour parler du Cameroun, quand on voit qu’en 1990 la sélection était la sensation du Mondial italien et a atteint les 1/4 de finale, cela remonte à pratiquement 30 ans et l’impression général, du moins la mienne pour ne parler qu’en mon nom, c’est que ça n’a guère avancé, du moins pas comme on aurait été en droit de l’espérer en tant que supporteur. Alors oui, il y a forcément eu des évolutions mais sportivement il n’y a pas eu de révolution et il y a encore des problèmes liés à l’organisation (primes etc….). C’est un problème récurrent en Afrique et il serait tant que cela change et cesse définitivement pour se concentrer sur ce qui est le plus important quand on prétend faire du sport de haut niveau et défendre les couleurs d’une nation c’est à dire la performance.

Aujourd’hui quand on voit la situation du football camerounais et de son équipe nationale on peut légitimement se poser des questions et se demander si nous ne sommes pas entrain de reculer. Lorsqu’en 1990 vous êtes une nation forte du contingent africain et que vous avez de l’avance sur beaucoup de pays du continent, n’est-il pas normal d’espérer que 30 ans plus tard vous vous soyez hissés au niveau ou proches des grandes nations européennes et sud américaines ? C’est en tout cas la question que je me pose car aujourd’hui force est de constater que beaucoup de pays émergeants ont pris de l’avance sportivement sur le Cameroun et en tant que supporteur forcément cela m’attriste. Après l’Afrique et le Cameroun ont des problèmes bien plus important à régler avant de parler du football donc n’est ce pas illusoire d’en attendre plus ?

Une future expérience à la tête d’un club africain ou d’une sélection du continent, il vous arrive d’y penser ?

Oui, pour ne rien vous cacher si je devais choisir je préférerais opter pour une sélection de jeunes type -20 ans et tant qu’à faire pourquoi pas le Cameroun si l’opportunité m’en est donné. Bien sûr que c’est un objectif ou plutôt ce serait l’aboutissement d’une carrière mais je reste lucide sur les possibilités sans pour autant douter de mes capacités.

Revenons au Racing Club de France. Votre équipe s’est qualifiée pour les 16ème de finale de la Coupe Gambardella et affrontera les Girondins de Bordeaux dimanche. Comment préparez-vous cette rencontre ?

Nous l’avons préparé avec sérieux mais sans y ajouter de pression particulière, les garçons sont assez intelligents et impliqués pour comprendre que c’est un match particuliers du fait de la renommé de nos adversaires et du stade de la compétition. Il y a également l’engouement qui règne autour et au sein du club donc il ne servait à rien d’en rajouter. Cela aurait pour risque de les crisper plus qu’autre chose. Donc Les ingrédients de la semaine ont été : travail, sérieux et bonne humeur.

Quel sentiment vous anime à quelques jours de cette rencontre et comment comptez-vous l’aborder ?

De l’excitation, forcément pressé d’en découdre, pas de peur même si nous sommes conscients que l’aventure peut s’arrêter dès samedi. Nous sommes avant tout heureux que le club soit mis en avant et que nos garçons aient l’opportunité de se confronter à ce qui se fait de mieux en matière de formation sur le territoire. Donc le mot d’ordre pour cette rencontre c’est ne pas avoir de regrets, saisir sa chance si elle se présente, prendre et donner du plaisir tout en profitant de l’événement car malheureusement ça n’arrive pas tous les week-end.

Un mot pour vos joueurs ?

Nous sommes tous derrière vous ( staff, coéquipiers, éducateurs, dirigeants) tous le club est derrière vous. Rendez les fiers de vous et fiers d’appartenir au RCF 92 et particulièrement moi ayant été un Racingmen il y a plus de 20 ans, je peux imaginer le sentiment qui va les animer au moment de fouler la pelouse en portant ce maillot ciel et blanc.

Je tiens à remercier particulièrement Lahdir Mustapha et Guicheron Jérémie  qui m’accompagnent sur les terrains chaque week-end et m’aident à accomplir cette tâche, ainsi que le club qui me permet de travailler dans les meilleurs conditions possibles. Je remercie aussi Africa Top Sports de mettre en évidence notre travail. Merci encore.

 

 

 

 

 

 

Publié par Rodolph TOMEGAH pour Africa Top Sports

Journaliste à Africa Top Sports Premier portail sportif Africain http://www.africatopsports.com