Ligue 1 Yunis Abdelhamid (Stade de Reims) : « Remettre les pendules à l’heure »



Après le succès renversant face au FC Nantes 3-2 à domicile, nous avons échangé avec le capitaine rémois et international marocain, Yunis Abdelhamid. Omniprésent pour son équipe, le joueur de 33 ans a su mobiliser son équipe à merveille pour aller chercher cette victoire, qui sort le Stade de Reims de la zone rouge pour l’instant.

 

Africa Top Sports – Vous êtes blessé ? (Yunis Abdelhamid arrive en boîtant légèrement)

Yunis Abdelhamid – J’ai une douleur mais je ne sais pas encore ce que j’ai, donc on verra… (rires nerveux)

 

ATS – C’est une victoire qui fait du bien au moral ?

Y. A. – Oui c’était un match important, avec cette série de mauvais résultats (2 matches gagnés, 4 nuls et 8 défaites), contre un adversaire direct, donc c’est vraiment une victoire, qui soulage, qui fait du bien au moral, pour la confiance.

 

ATS – Malgré l’ouverture du score vous aviez la possession, vous revenez un peu à reculons en début de deuxième mi-temps avant ce changement après l’heure de jeu – avec l’entrée notamment de Mathieu Cafaro – qui change tout le cours du match, vous avez surpris Nantes ce soir ?

Y. A. – Oui c’est vraiment un match auquel on s’attendait, on a souvent ce scénario à domicile, contre les concurrents directs, qui viennent, qui jouent bloc bas, qui défendent et qui essayent de nous faire mal en contre ou sur coups de pied arrêtés. Ils ont bien réussi leur coup en première mi-temps et c’est vrai que ce n’est pas facile [de l’encaisser].

On a essayé de continuer, continuer [à jouer], essayer de faire attention de ne pas se prendre ce deuxième but, qui tuerait le match. Et je pense que sur certaines situations, on était vraiment en difficulté, mais on a continué [d’y croire], on a essayé de ne pas lâcher, et on a été récompensés avec cette égalisation. Après on a continué, justement, en mettant ces deux buts derrière.

 

ATS – On sent de la frustration d’être avant-dernier – avant la rencontre (17e à présent) – et de rater ses occasions et ses frappes comme sur ce match ? 

Y. A. – Oui oui il y a une frustration, et c’est aussi dû à la position [au classement], au manque de confiance, on sort des matches avec beaucoup de regrets, de remords, et c’est vraiment ce qu’on ne voulait pas revivre ce soir (mercredi 16 décembre 2020, ndlr) et l’équipe a été récompensée.

 

« C’est ce qui fait que l’équipe a

un manque de confiance »

 

ATS – Comment vous expliquez cette avant-dernière place au classement avant le match aujourd’hui ?

Y. A. – C’est comme ça, on a loupé notre début de saison, c’est clair et net. Maintenant c’est ce qui fait que l’équipe a un manque de confiance, les joueurs ne sont pas en confiance et c’est le lot de toutes les équipes en difficulté.

Mais il ne faut pas lâcher, c’est le début de saison et on essaye de remettre les pendules à l’heure j’ai envie de dire, et c’est en passant par des résultats comme ce soir.

 

ATS – On a vu un jeu basé plus sur l’émotion que la technique côté rémois en début de match et quand vous avez laissé le côté émotion (trop de réflexion individualiste) au vestiaire, vous avez eu le déclic justement ? Est-ce que c’est ce qui caractérise Reims aujourd’hui ? Est-ce que c’est ça qui explique votre classement actuel et les échecs passés ?

Y. A. – Oui, le talent on l’a, je pense qu’on a peut-être une des meilleures équipes en terme de football depuis que je suis là. Maintenant le seul problème il est psychologique et il faut que tout le monde arrive à être détendu, à oublier un peu le contexte, à se relâcher et à se faire plaisir tout simplement, en donnant tout les uns pour les autres. C’est vraiment ce qui va nous aider à réaliser d’autres performances comme ce soir.

 

ATS – Ce sont bien les émotions qui expliquent pour vous le début de match compliqué, avant de prendre l’avantage justement ?

Y. A. – Oui oui parce qu’à partir du moment où on a fait le plus dur en égalisant, on était vraiment soulagés, contents et on a essayé de continuer, de ne rien lâcher, avec la folie de l’égalisation et le penalty, c’est que l’équipe prend confiance bien sûre et va de l’avant, donc c’est une bonne chose, faut garder cette dynamique.

 

« Dans cette période difficile, c’est là où en tant

que capitaine, je dois répondre présent »

 

ATS – Personnellement on vous a vu partout dans ce match, essayer de marquer pour votre équipe sur coups de pied arrêté et à être omniprésent défensivement, surtout en fin de match ?

Y. A. – C’est ce que j’essaye de faire, j’essaye d’aider au mieux l’équipe, et surtout dans cette période difficile, c’est là où en tant que capitaine, je dois répondre présent.

C’est mon rôle et j’espère continuer à le faire dès samedi contre Marseille.

 

ATS – On a senti que vous continuiez à mobiliser votre équipe malgré l’ouverture du score, c’était important de ne jamais lâcher ? Vous saviez que vous pouviez renverser la situation ?

Y. A. – Oui même si on en est jamais sûr. Maintenant on est sur le terrain, il faut tout donner, un match ça dure 90 minutes et plus, et tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin, on se devait de tout donner, surtout à domicile. Et c’est bien parce que c’est ce qu’on a réussi à faire et maintenant il faut continuer [dans cette dynamique].

 

ATS – Quelles sont les caractéristiques d’un bon capitaine, selon vous ?

Y. A. – D’un bon capitaine ? (léger sourire) Pour moi c’est d’être exemplaire, sur le terrain et en dehors, essayer d’apporter mon vécu, mon expérience et essayer de montrer la voie aux plus jeunes joueurs.

On sait qu’on est une équipe, peut-être la plus jeune de Ligue 1, avec Nice, donc j’essaye de ramener tout le monde avec moi, et j’essaye d’aider au mieux l’équipe.

 

Propos recueillis par Dounia Mesli à Reims

 

Photo : Stade de Reims


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