Afrique football Djamel Belmadi (Algérie) : « On ne s’est pas montré à la hauteur de la compétition »



Tout juste après la défaite 3-1 contre la Côte d’Ivoire, synonyme d’élimination à la CAN 2021, au Cameroun, Djamel Belmadi a donné ses premiers sentiments sur cette déception et ce visage totalement méconnaissable de l’Algérie !

 

Journaliste – Coach cette défaite sonne aujourd’hui la fin de votre parcours. Quel est votre impression ?

Un échec tout simplement…

 

Journaliste – C’est une grande déception, on imagine votre frustration, mais c’est ça le football aussi, c’est difficile de réagir à chaud, mais comment expliquez-vous cette élimination de l’Algérie, qui termine à la dernière place ?

Vous l’avez dit, c’est difficile de faire une analyse rationnelle tout de suite après une aussi grande déception, on avait à cœur de rattraper, au moins d’un point de vue comptable, si ce n’est la manière, de dire qu’on est prêt dans cette compétition, et qu’elle commence aujourd’hui [face à la Côte d’Ivoire], chose qu’on n’a pas pu faire.

Depuis le début du tournoi on ne concrétise pas nos occasions, le doute a pu s’installer, on a eu mins d’occasions aujourd’hui, même le penalty on n’est pas arrivé à le concrétiser. On ne s’est pas montré à la hauteur de la compétition, tout simplement.

 

Journaliste – On ne va pas remettre en cause tout ce que vous avez fait depuis 2018, mais vous êtes fautif aujourd’hui, vous avez Riyad Mahrez qui a eu des vacances avant cette compétition, alors qu’il était l’ombre de lui-même depuis ce début de CAN, sachant qu’il avait toujours marqué dans les précédentes éditions, il n’a donné aucune satisfaction.

On aurait pu régler ça en famille [en Algérie]… Mais vous n’avez pas tous les tenants et aboutissants, c’est faux on ne lui a pas donné de vacances, ce n’est pas le bon moment, ni le bon endroit, ne va pas pointer ton joueur, qui a fait tant de bonheur et là vous le pointez, vous auriez voulu que je le mets sur le banc ? (le journaliste répond « un changement ») Vous auriez voulu un changement ? Je ne l’ai pas fait, j’assume ce choix. Quand vous parlez de vacances, vous êtes mal informés, ou mal honnêtes. Ce n’est pas parce que Riyad n’était pas là, qu’on ne s’est pas qualifiés.

 

Journaliste – Sur la suite pour les Verts

Je ne réfléchis pas à tout cela, on était détenteur de ce titre, on a tout fait pour aller au bout, nous n’avons pas obtenu ce qu’on était venu chercher, c’est un échec total.

Demain sera un autre jour, et on analysera, le plus important ce n’est pas les personnes, c’est l’équipe avant tout, et d’aider à faire en sorte qu’elle se qualifie pour la Coupe du Monde 2022.

 

Journaliste – Qu’allez-vous retenir de cette défaite, est-ce un nouveau cycle pour l’Algérie ?

C’est trop tôt pour parler d’un nouveau cycle, et de ce qu’on a gagné, comment on peut se servir de cette défaite et de cette compétition. Bien sur on aura le temps d’analyser sur ce qui n’est pas été, et les qualifications pour la Coupe du Monde vont arriver rapidement. J’ai quelques idées, sur ceux qu’on a raté, sur ce qu’on aurait pu faire mieux, mais c’est trop tôt pour en parler.

 

Journaliste – Sur l’état physique des joueurs depuis le début de la compétition, avec une humidité très présente, qui a pu peser sur les performances des Verts

La préparation a été pour toutes les équipes chaotiques, je l’ai déjà dit, on me dit 2 jours ou 3 avant la date FIFA, que c’est repoussé au 3 janvier (la possibilité que les joueurs puissent quitter leurs clubs respectifs, ndlr), donc on repousse certains choses, on annule le match amical contre la Gambie, y’a beaucoup de joueurs covidés qui restent dans leur chambre, j’ai pas trop voulu donner de noms, on a fait de la rétention d’infos par rapport à cela, pour ne pas perdre le contrôle.

Avec tout ca, ça devient compliquée la préparation, mais on ne va pas se cacher derrière ça. Vous savez quand on démarre le match, il y’a une gestion du match qui peut se faire, en 2019 on avait changé à 100% l’équipe, on avait une équipe bien équilibrée. A partir du moment ou on ne marque pas de but, on perd beaucoup d’énergie et on ne part pas avec nos forces en présence, ceux qui sont censés nous gagner ce match là. Rien ne s’est juxtaposé comme on aurait voulu, tout a été en notre défaveur. On n’est pas là pour la polémique, je ne vais pas en parler maintenant ça ne serait pas judicieux. Peut-être un manque de fraicheur, dû à beaucoup de choses.

 

Journaliste – La Côte d’Ivoire était plus forte que l’Algérie aujourd’hui, comment vous justifiez la défaite ?

Ils ont été meilleurs que nous, ils ont donné plus que nous, ils ont marqué, ils attaquent et étaient plus cliniques que nous devant le but. On a raté une occasion avant qu’il ne marque (une tête d’Aissa Mandi, ndlr), nous devions trouver des solutions, donc on a mis un autre attaquant, mais ce n’est pas la même chose que contre la Sierra Léone ou la Guinée Equatoriale. Nous avons créé des occasions, nous devions prendre des risques, mais ça leur a permis d’aggraver le score [avant notre réduction en fin de match, pour le 3-1]. Je ne vais pas justifier, mais ils était meilleurs que nous.

 

Journaliste – L’Algérie en crise ? Comment faire redémarrer la machine ?

Je peux comprendre qu’il est difficile d’exposer ce qui n’a pas été, de dire qu’on est en crise, ce n’est pas le bon terme, on a échoué, l’équipe est déçue, abattue, peut-être surement dans le doute, c’est quelque chose qu’on ne connaissait pas, on a fait en 4 jours ce qu’on n’a pas fait en 3 ans.

C’est dur pour nous, car on ne connait pas ce sentiment, il est amer, j’ai même envie de dire détestable, c’est quelque chose qui me tue de l’intérieur. Pour le mois de mars (matches de qualifications à la Coupe du Monde 2022, ndlr), il va falloir se relever, bien digérer tout ça, bien analyser, relever la tête, il va falloir sortir et montrer d’autres choses.


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