CAN 2021 CAN 2021 – Aliou Cissé (Sénégal) : « Nous nous attendons à un match difficile, mais nous sommes prêts »



Le Sénégal est à la quête d’une place pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2021). A la veille du choc en demi-finale entre les Lions de la Teranga et les Etalons du Burkina Faso, Aliou Cissé était face à la presse. Occasion pour le technicien d’évoquer l’état d’esprit de son groupe au moment d’aborder cette rencontre capitale.

Journaliste – Burkina – Sénégal, cette opposition doit vous rappeler beaucoup de choses. Les retrouvailles c’est pour demain. Comment entrevoyez-vous cette confrontation ? 

Nous l’avons bien préparée. Même si on n’a pas eu beaucoup de temps, on a misé beaucoup plus sur la récupération, que de travailler. Comme vous le dites, le Burkina c’est une très belle équipe qu’on connait. Elle faisait partie de notre poule lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2018. Si je me rappelle bien, ce fut deux matchs âprement disputés. D’ailleurs, on a fait 0-0 à domicile et je crois 2-2 au Burkina. Mais entre temps, l’équipe a changé. Il y a une nouvelle génération qui arrive, qui est très prometteuse et qui est en train de faire de très bonnes choses. Si cette génération est là, c’est qu’il y a du travail qui est fait. Kamou Malou, c’est quelqu’un qui fait un très bon boulot. Je crois qu’il faut le féliciter. Depuis qu’il a cette équipe, elle progresse. Donc, nous allons vers une demi-finale de CAN. Les quatre équipes qui restent, c’est parce qu’elles ont bataillé pour y être. Nous nous attendons à un match difficile, mais nous sommes prêts.

Journaliste – Aliou, c’est une question par rapport à l’esprit de 2002 qu’on voit, on a vu les joueurs danser près du poteau de corner. Je voulais savoir qu’est-ce que cela impliquait ? Est-ce que vous avez parlé entre vous ? 

Je suis surpris parce qu’ils m’en ont pas parlé. Mais je crois que le football africain, c’est aussi ça. C’est la joie de vivre, c’est être heureux. C’est rendre heureux les téléspectateurs et nos supporters aussi. ça fait partie du spectacle. Cette danse, c’est la danse du feu Bouba Diop. On a une pensée pour lui qui nous a quitté. Aujourd’hui ses jeunes frères reprennent cette danse pour lui rendre hommage, pour rendre hommage également à toute la génération 2002. Ils sont une référence pour cette génération actuelle. Beaucoup de garçons nous ont suivis. Parfois certains me disent qu’ils couraient derrière notre bus en 2002. Aujourd’hui j’ai la chance de les entrainer. Oui, c’est une mouvance, et c’est très bien. ça veut dire qu’ils ont de très belles références.

Journaliste – Au Sénégal on sait que vous avez une grosse pression, est-ce que vous pensez que c’est la bonne année pour vous et que si vous échouez contre le Burkina ce sera un gros échec ?

Je ne pense pas échec. Là où je suis, je pense à comment faire pour passer ce cap des demi-finales. Oui, c’est vrai qu’on a rendu fier notre peuple, mais cette génération 2002 n’a pas gagné… Nous espérons toujours cette étoile. Nous travaillons pour cela depuis des années. Nous sommes proches. On n’a jamais été aussi proches, mais il y a l’obstacle burkinabè qui est là, qu’il faut passer. Nous avons espoir que cette étoile viendra et nous espérons que ce sera au Cameroun.

Journaliste – Quel est l’état de votre groupe ? Je voudrais savoir s’il n’y a pas de blessés ou de cas Covid ?

Non, il n’y a pas de cas Covid. Au niveau des blessures, à part Boulaye qui a reçu un coup, je pense que pour l’instant, tout se passe bien.

Journaliste – Coach on a vu que sur le dernier match, le retour d’Ismaïla Sarr avait boosté le reste de l’équipe. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur son apport, à la fois tactiquement et même dans les vestiaires ? 

Comme vous le voyez, Ismaila est venu, c’était important. C’était beaucoup de discussions entre le club de Watford et nous. Mais je pense que comme Watford, ce sont des gens intelligents, comme notre fédération aussi, on a trouvé un consensus. On s’est mis d’accord que le garçon pouvait revenir. Nous les remercions pour cela. Ismaila, on sait qu’il est important dans le dispositif de l’équipe du Sénégal. Venir nous appuyer et faire la rentrée qu’il l’a faite, c’est très important. C’est un garçon qu’on va continuer par gérer. Il avait envie d’être là. Il est heureux d’être là. Il est prêt, je sais que si j’ai besoin de lui je pourrai l’utiliser.

Journaliste – Coach, qu’est-ce que ça fait de retrouver aujourd’hui l’ensemble de votre ossature ?

C’est toujours important d’avoir l’ensemble de son groupe. Pour un entraineur, c’est vous donner plus de possibilités, plus d’options. Vous avez aussi la possibilité de changer les choses en cours de match. Aujourd’hui c’est vrai qu’on a l’ensemble de ce groupe. ça me donne plus de cartes en main. Nous savons que nous allons vers un match compliqué. Il nous faudra être patients. Il nous faudra jouer notre jeu, mettre en place notre jeu. ça peut aller en prolongation, en tirs au but. A ce niveau, le plus important c’est de passer.

Journaliste – Vous avez connu un début poussif. Au début tout le monde doutait de vous, au fil des matchs, vous trouvez votre forme. Comment c’est accueilli dans la tanière ? Une pression ou une source de motivation ?

Tout dépend de l’analyse qu’on peut faire d’un début poussif. Sur quel plan athlétique, physique, dans le jeu ? On n’a jamais douté de ce que nous sommes capables de faire. Nous savons qui nous sommes. Nous venions ici avec des certitudes, mais petit à petit, les coups de la vie ont fait que cette certitude s’est effritée. Il a fallu faire dos rond. Il a fallu s’accrocher. Il a fallu remobiliser tout le monde, avoir des croyances et travailler. Ce qui nous a amenés là où nous sommes aujourd’hui. Maintenant le chemin est encore long. Ce n’est pas encore fini. Dans notre objectif, c’était de jouer 7 matchs. Aujourd’hui on a la possibilité de jouer 7 matchs, on a envie de jouer la finale, pas la petite finale. Ce groupe est motivé et est conscient qu’il est capable d’écrire l’histoire.


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