Afrique football [CAN 2022] Mame Moussa Cissé (Sénégal) : « Nous allons nous battre pour avoir un bon résultat »



A la veille de leur entrée en lice pour la CAN 2022, le coach du Sénégal Mame Moussa Cissé et sa capitaine, Safiétou Sagna, ont réagi aux questions des journalistes. Entre ambition et humilité, le Sénégal voudrait tracer son propre chemin, après le titre des masculins en début d’année. 

 

Journaliste – Sur les conditions de préparation à cette compétition et au match contre le Burkina Faso

Mame Moussa Cissé – On est heureux d’être là, nous sommes satisfaits d’être ici, à cette 14e édition de la CAN. Le Sénégal est resté dix ans sans participer à une CAN, cela remonte à 2012, aujourd’hui on fait un come back, vous pouvez le ressentir y’a beaucoup d’intérêt autour du foot féminin du Sénégal, depuis les efforts qu’on fait depuis 4 ans autour de l’équipe féminine. Nous avons voulu constituer une équipe de joueuses locales, 80% de l’effectif se trouve dans le championnat sénégalais et on compte 6 expatriés de France. Aujourd’hui on a un groupe très jeune, on compte une U17 et trois U20, nous nous situons dans une phase de construction de notre football, dans une phase d’apprentissage, même si c’est la CAN, nous avons travaillé pour en arriver là, nous avons constitué notre groupe sans les expatriées [car c’était difficile de les faire venir au Sénégal], nous avons joué le Cameroun deux fois, nous avons joué contre la Guinée Bissau, et contre la Tunisie.

Pour bien se préparer il faut rencontrer les grandes nations, nous avons joué 4 matches dans les 12 derniers jours pour être dans le timing de la compétition, car on n’a pas l’habitude d’avoir des joueuses qui jouent des matches aussi rapprochés, et avec une telle intensité, donc on voulait voir à quel point on pouvait supporter cette charge physique, sur le plan technique et tactique pour préparer cette can, mais surtout pour supporter la charge émotionnel. Nous devions savoir si les joueuses allaient supporter ces 4 ingrédients et je pense qu’aujourd’hui on peut être satisfait, parce que c’était vraiment des matches où on a beaucoup appris sur nous et sur les adversaires.

On est bien arrivés au Maroc depuis 3 jours, on est bien logés, les conditions d’entraînements sont très bonnes, on a visité hier le stade pour voir que toutes les conditions sont fin prêtes, pour que cette fête-là soit une grande fête du foot africain. On est satisfait d’être là, on a des filles motivées, engagées, mais nous venons avec beaucoup d’humilité, des ambitions mais de l’humilité, ce temps-là est pour nous une phase dans la reconstruction, dans le processus de maturation de notre équipe. Si nous avons la possibilité de prendre quelque chose à cette CAN, on ne s’en privera pas.

Safiétou Sagna – Je pense que je serais courte, car le coach a tout exprimé. Nous avons un sentiment de satisfaction, personnellement je faisais partie des plus jeunes en 2012 à avoir qualifié pour la première fois le Sénégal à la Coupe d’Afrique. Revenir dix ans après avec mes soeurs, c’est un sentiment de fierté. Nous nous sommes bien préparés depuis 2019/2020, je pense que c’est ce qui nous a fait gagner nos matches pour cette qualification. Je pense que la Fédération aussi a mis beaucoup d’efforts pour le développement du foot féminin et je pense que c’est le fruit du travail qui nous a permis d’arriver à ce stade.

Journaliste – Est-ce que les bons résultats des garçons, peuvent créer une grosse exigence des Sénégalais vis-à-vis de votre équipe ?

Mame Moussa Cissé – C’est vrai qu’aujourd’hui avec le Sénégal qui a gagné le titre [chez les masculins], il y’a beaucoup d’envie du peuple sénégalais, mais je pense que les gens sont derrière nous, qu’ils comprennent que la victoire de l’équipe masculine est né dans le temps, car le trophée nous a fui pendant plusieurs années.

Aujourd’hui dans ce processus l’équipe de Sadio Mané, avec le même entraîneur, on a eu des joueurs qui sont arrivés à maturité, avec beaucoup de connaissance du haut niveau, parce que le haut niveau ça s’apprend. Aujourd’hui les joueurs sénégalais jouent dans les plus grands clubs en Europe et après avoir glané beaucoup d’expérience, avec d’autres enjeux, d’autres mécanismes, ils ont réussi à être à la hauteur de l’évènement. Ce n’est pas le même processus avec les filles. Je l’ai dit nous sommes là depuis trois ans ou quatre ans, nous avons de très jeunes joueuses, qui n’ont pas beaucoup d’expérience du haut niveau et aujourd’hui nous allons voir dans cette compétition là.

Surtout dans le fait de s’adapter à un environnement nouveau, à de nouvelles exigences du haut niveau. Aujourd’hui nous ferons de notre mieux pour faire une bonne CAN. Maintenant on est dans une compétition où tout peut arriver, nous allons jouer sur nos forces, sur nos valeurs, essayer de grandir dans cette compétition et après nous verrons ce que ça peut donner dans les résultats.

Safiétou Sagna – Oui je pense que l’euphorie de cette CAN [remportée par les masculins], a beaucoup boosté le football féminin. Au Sénégal ce n’était pas vraiment médiatisé avant, mais avec cette CAN remportée par les garçons, le public nous demande [de ramener] la coupe et pourtant ce n’est que la deuxième fois qu’on participe à une CAN. Mais nous sommes venus avec des ambitions fixes, avec humilité, nous allons nous battre pour avoir un bon résultat et faire une bonne CAN.

Journaliste – Sur l’intérêt du foot féminin, et l’investissement suffisant de la Fédération pour faire progresser l’équipe

Safiétou Sagna – Comme je l’ai dit, je faisais partie de l’équipe qui a qualifié le Sénégal pour la première fois, donc j’ai vécu une CAN. Maintenant la Fédération a mis beaucoup de moyens, beaucoup d’efforts. Pour les éliminatoires on a pu avoir un regroupement de deux mois pour pouvoir jouer les matches, puis un autre regroupement de six mois pour jouer la compétition. On joue des matches amicaux, donc il y a beaucoup de choses qui ont été mises en place pour le développement du foot féminin au Sénégal.

Mame Moussa Cissé – On a appris de nos erreurs dans le passé, on avait un problème de catégorisation des générations, maintenant on a des équipes U17 et U20. Maintenant il y a des choses sur la planification, c’est mieux gérer, pour pouvoir titiller les grands d’Afrique dans les 2/4 ans à venir, tout cela est bien coché par la Fédération.

On s’est entraîné quasiment comme en club, on est resté parfois pratiquement 6 mois ensemble, ce n’est pas comme les garçons qui sont en centre de formation, les filles sont en club. Il nous faut un travail approfondi, sur les bases techniques et tactiques, nous sommes entrain de mettre en place un centre de formation, et nous allons même aller vers une sélection U15, nous devons le planifier. Avec la demande de la CAF pour chaque équipe qui se qualifie pour la CAN, on est bien accompagné par notre Fédération, les filles ne se plaignent pas, c’est à elles d’écrire leur histoire.


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