CAN 2023 – Côte d’Ivoire : « On doit maîtriser les entames de matchs », Emerse Faé

CAN 2023 - Côte d'Ivoire : "On doit maîtriser les entames de matchs", Emerse Faé


Malgré leur qualification en demi-finales de la CAN 2023 contre le mali, le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Emerse Faé, révèle quelque chose d’important à corriger dans son équipe.

Vous êtes un homme heureux, c’est indéniable. Quel est votre ressenti après cette brillante victoire ?

Je suis très très heureux, soulagé parce que ça a été très très très dur. On a eu une très très bonne équipe malienne en face, qui nous a posé vraiment beaucoup de problèmes, surtout en première mi-temps, dans les 30 premières minutes. On a eu du mal à les empêcher de jouer comme on voulait. L’objectif, c’était un peu d’empêcher ces relations qu’ils ont au milieu. On a eu du mal à le faire parce qu’on était trop bas et ils nous ont mis en difficulté, ils nous ont posé des problèmes. Après, il y a eu le carton rouge fin de première mi-temps qui ne vient pas aider. Mais voilà, on n’a rien lâché, on a essayé de mettre un plan en place pour les contenir et essayer de les prendre en compte avec Séb (Sébastien Haller) en pointe qui nous garde les ballons, qui nous met un but sur centre. C’est pas passé loin de l’élimination, mais on est vraiment content pour les joueurs, parce qu’ils n’ont rien lâché, ils se sont battus jusqu’à la fin, ils ont été récompensés dans les arguments.*

Mon chef m’a demandé un papier pour demain sur la Côte d’Ivoire, je lui ai demandé quelles étaient les qualités, alors j’ai dit le mental, le mental et le mental. Je mets quoi d’autre ?

Ce que vous voulez. C’est vous le professionnel. Mon avis ne compte pas, c’est le vôtre qui compte. Non, oui, le mental, c’est sûr. Quand vous regardez le scénario du match, vous pouvez dire qu’on a été le chercheur mental, mais si vous réussissez à gagner à 10 contre 11 en étant mené 1-0 à 20 minutes de la fin, c’est qu’il n’y a pas de mental. Je pense que tactiquement, on a été très, très, très bon. Presque meilleur à 10 qu’à 11 d’ailleurs, mais non, ils ont fait un super match tactique. On a été bien, on les a empêchés, même à 10, de développer le football qu’ils ont l’habitude de développer d’habitude. On a su fermer les couloirs. Vraiment, sincèrement, tactiquement, on a fait un gros match.

Après le match de poule, la Côte d’Ivoire, il a été presque éliminée. Et au dernier moment, l’équipe revient dans la compétition. Face au Sénégal, il a fallu attendre après 80 minutes pour revenir encore dans la compétition. Et aujourd’hui, qu’on fasse au Mali, après 85 minutes, on ne revient que dans la compétition. Et à la dernière seconde de prolongation, on se qualifie. Est-ce des signes qui vous font croire que vous y arriverez au stade final le 11 ?

Oui, c’est des signes positifs qui vous donnent de l’espoir. Après, moi, je préférais ne pas avoir beaucoup de suspense comme ça. Je préférais qu’on maîtrise déjà mieux les entames de match. Parce que contre le Sénégal aussi, on a mis 10-15 minutes à rentrer dans le match. Là, pendant 30 minutes, on a eu des problèmes tactiques qu’on n’a pas su régler. On a eu la chance contre le Sénégal et contre le Mali de revenir à chaque fois. Mais il faut qu’on revoie un peu nos entames de match et qu’on essaye de maîtriser le match plutôt que de le subir et d’être obligé de ramer, de faire des efforts pour revenir. C’est bon signe, c’est toujours bien quand vous gagnez en revenant au score. Mais si on peut éviter, ce sera encore mieux, je pense. 

Dounia Mesli pour Africa Top Sport. Coach, vous avez fait deux changements qui ont payé. Mais on a senti quand même votre équipe en première période qui a été timorée. Comment vous expliquez que votre équipe a eu du mal en première période avec ce carton rouge et que vos guerriers ont été vaillants jusqu’au bout ? Comment on explique cet état d’esprit, ce changement ?

En premier mi-temps, je pense qu’on n’a jamais tellement accentué sur le fait d’être combat et de resserrer les lignes et de fermer les passes à l’intérieur parce qu’ils ont un milieu en gauche qui est très bien, qui combine très bien. Je pense que j’avais tellement insisté sur ça que finalement, on ne s’est retrouvé pas. On a reculé, on a eu peur, je pense, par rapport aux discours que j’ai eus. C’est vrai que j’ai beaucoup mis en garde sur ça. Et au lieu d’aller le chercher pour empêcher ces passes-là, on s’est mis bas. Et à partir du moment où ces joueurs-là ont tout le temps, ils sont très forts et très dangereux. Donc, on a subi un peu ça et ça a été mieux, bizarrement, quand on était à dix parce qu’on avait plus peur de sortir dessus, paradoxalement. Et à partir du moment où on sortait dessus, même à dix, on n’a pas forcément été bien nourris.

Là, on parle analyse technique d’une certaine manière. Ce que je voudrais voir, c’est quelles émotions tu as pu ressentir ? Tu as pris l’équipe il y a une semaine, tu as vécu deux matchs absolument incroyables. Et là, la fin du match et la fin de la deuxième période de la prolongation. Qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ? Tu te dis, je suis en train de vivre un truc irréel ?

Oui, c’est clair. Franchement, il faut être honnête déjà. Contre le Sénégal, c’était moins marquant que ce soir. Parce qu’on a quand même eu beaucoup plus de maîtrise qu’aujourd’hui. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, j’ai eu toutes les émotions dans ma tête. Je ne savais plus où j’en étais. Je réfléchis pour savoir quel changement faire. J’avais du mal à y croire. En plus, quand on prend le but à 20 minutes de la fin, je me dis que ça va être très compliqué. Mais comme j’ai dit aux joueurs, on était morts après la défaite contre la Guinée-Équatoriale. On était déjà morts. On a ressuscité le mercredi grâce à la victoire du Maroc. Donc, je leur ai dit qu’on n’a plus rien à perdre. Donc, donnez tout. Battez-vous jusqu’à la dernière minute. Un match, c’est 90 minutes, voire plus. Et ne lâchez rien tant que l’arbitre n’a pas sifflé. C’est la fin du match. Il y a encore de l’espoir. C’est ce qu’ils ont fait. Avec 1-0, ils n’ont rien lâché. Ils ont été récompensés.

Vous avez la tête dans les étoiles. Mais il faut déjà se projeter vers mercredi et la demi-finale. Est-ce que tu t’attends à un match différent, différent du Sénégal et différent du match de ce soir face à une équipe de RDC qui n’a pas perdu depuis le début et qui est vraiment solide ?

Quand vous arrivez en demi-finale, vous jouez contre des équipes qui ont de la qualité. Parce qu’elles ne sont pas arrivées en demi-finale pour rien. Et c’est une très bonne équipe qui travaille bien, comme leur coach le disait. Sincèrement, je vais me préparer pour ce match à partir de demain. On va tranquillement rentrer à l’hôtel. On va essayer de bien récupérer pendant deux jours et préparer le match du Congo qui sera un match différent. Tous les matchs ne se ressemblent pas. C’est une équipe qui est différente du Sénégal et du Mali. On va se préparer pour un match différent parce que c’est une demi-finale. C’est une place pour la finale qui va se jouer. Il faudra tout lâcher pour ne pas avoir de rêve.

Tu viens de sortir d’un match assez rigide. Mais là, tu perds deux joueurs. Pas de moindre, Kosovo et Odilon. Comment est-ce que tu peux le battre déjà à la demi-finale ?

Franchement, je ne sais pas encore. C’est deux pertes. C’est deux pertes parce que ce sont des bons joueurs. Odilon revenait bien. Oumar nous apporte beaucoup par son envie et par sa puissance. Ce sont deux grosses pertes. Mais après, on a 27 joueurs. On va digérer. On va se reposer. On va bien récupérer parce qu’on a fait deux prolongations en 5 jours. On va bien récupérer. Avec le staff, on va bien analyser le Congo. On va regarder ce qu’on peut préparer pour jouer contre cette équipe et leur poser le maximum de problèmes. On jouera avec les forces présentes. On sait qu’Odilon et Oumar seront suspendus. Mais on a d’autres armes.

Je ne minimise pas vos choix tactiques et autres. Est-ce que vous ne pensez pas que votre collègue Malien vous a presque offert la qualification en désorganisant à 5 minutes de la fin toute sa ligne défensive ?

Je ne sais pas. Je n’ai pas le temps de m’occuper du Mali et du coach du Mali. Je m’occupe de mon équipe et c’est déjà beaucoup.

Tout à l’heure, vous avez dit qu’on a été bouffé dans la table du match face au Sénégal. Mais tactiquement, vous avez joué en 4-3-3 face à une équipe du Mali qui joue très bien au football. Pourquoi vous n’avez pas densifié plus ou moins votre entrée-jeu ?

Si je peux me le permettre. J’ai un choix tactique, je ne sais pas. On est parti avec 3 milieux, mais on a demandé aux excentrés de venir aider en rentrant à l’intérieur et de pousser le Mali à jouer sur les côtés pour lancer le pressing. Quand vous regardez la composition sur la feuille, on était à 3 au milieu, mais quand vous regardez l’animation, c’était plus 5. Après, le Mali, c’est une bonne équipe. Ce n’est pas éternellement qu’il nous ait posé des problèmes. Il ne faut pas rougir du fait qu’il nous ait posé autant de problèmes parce que c’est une très bonne équipe.

Crédit photo : Dounia MESLI, ATS.


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