CAN 2023 / Emerse Faé (coach Côte d’Ivoire) : « Demain, on a une belle opportunité pour garder la coupe à la maison »

Journaliste sportif rédacteur à Africa Top Sports. Amoureux de tous les sports, le football en l'occurrence. Passionné du micro, j'ai débuté le journalisme en 2012.




Le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Emerse Faé et son attaquant Sébastien Haller ont animé une conférence de presse d’avant match ce samedi 10 février 2024. Les deux hommes ont exprimé leurs sentiments avant la finale de la CAN 2023 qui les attend demain face au Nigéria (20H). Propos recueillis par Dounia Mesli, envoyée spéciale d’Africa Top Sports.

Journaliste – Demain c’est la grande finale de la CAN et vous avez là une belle opportunité d’ajouter une étoile sur le maillot de la Côte d’Ivoire.

Faé – C’est vrai, on a là demain une belle opportunité pour garder la coupe à la maison. On sait que c’était très difficile quand vous organisez une CAN pour remporter la compétition. Donc demain on sera à 90 minutes de faire cet exploit là et par la même occasion de rajouter une troisième étoile sur le maillot orange de la Côte d’Ivoire. Donc on se prépare, on va se préparer encore aujourd’hui pour faire cet exploit-là.

Journaliste – Sébastien, vous avez déjà joué contre cette équipe du Nigeria en face de vous. Est-ce que c’est un avantage ?

Haller – Déjà je pense que c’est un avantage pour le Nigeria ou pour la Côte d’Ivoire. On s’est déjà rencontrés donc on sait à peu près à quoi s’attendre. Mais un match de groupe et de finale est totalement différent. Donc l’approche sera différente et comme je l’ai dit la préparation devra aussi être différente. Donc on verra si c’est un avantage ou pas.

Journaliste – Coach, vous arrivez en finale contre le Nigeria. Cela veut dire que ce sont les deux grandes équipes du tournoi qui sont arrivées à cette étape. Qu’est-ce qui pourrait faire la différence dans ce match ? Au-delà de l’aspect technique, physique et psychologique ?

Faé – Sur l’aspect psychologique, je dirais que les équipes sont à égalité même s’il y a eu des parcours différents. Eux, ils ont fait jusque-là le parcours sans faute, où ils sont montés en puissance. Parce qu’ils avaient commencé le premier match par un match nul contre la Guinée-Equatoriale. Et qu’après ça, ils avaient un peu modifié leur système. Contre nous, ils innovaient, donc ils prenaient un peu la remarque. Et au fur et à mesure de la compétition, ils sont montés en puissance et sont devenus de plus en plus solides défensivement et dangereux offensivement. Nous, à côté de ça, on a un parcours très difficile au début. Et puis on est montés en puissance à partir des huitièmes de finale avec ce match contre le Sénégal. Nous, on va essayer en tout cas de faire une bonne entame de match. On va essayer de les fatiguer tactiquement et physiquement. Mais on ne va pas stresser, on va être patient. Il va y avoir de la pression des deux côtés. On va se concentrer pour bien commencer le match.

Journaliste – Est-ce que vous avez fait le bon choix pour obtenir cette finale ? Ou est-ce que vous étiez en position de prendre cette finale ?

Faé – Nous, ce qui était le plus important pour nous, après les phases de poule, c’était de retrouver la confiance et de recréer une équipe. On était une équipe qui ne tenait pas l’impression d’être soudée, d’être ensemble sur le terrain. C’était important pour nous, le staff, de recréer cette solidité défensive, avant de penser à la solidité offensive. Après, par rapport à la question sur si on s’imaginait arriver en finale, je ne vais pas dire qu’on s’imaginait arriver en finale. On rêvait, on espérait aller en finale, mais on prenait les matches les uns après les autres parce qu’on savait d’où on venait. On s’est concentré à chaque fois sur le match qui arrive, en suggérant de mettre toutes les chances de notre côté pour remporter ce match et aller à l’étape suivante.

Journaliste – Est-ce que vous savez déjà qui va débuter demain ?

On a encore fait une réunion ce matin avec le staff. On a une petite idée de l’ossature de l’équipe qui va démarrer demain. On a eu quelques pépins physiques après le Congo, pour la première fois depuis le début de la compétition. On a encore la séance d’après-midi pour voir qui sera à 100%. C’est important cette finale et je sais que tous les joueurs veulent participer à cette finale. On fera avec le staff un dernier point après la séance d’entraînement pour voir avec quel choix on partira. On reste sur le même fil conducteur que depuis les huitièmes. C’est un groupe de 27 joueurs. 11 joueurs vont démarrer. 12 joueurs seront sur le banc et 4 joueurs seront en préliminaires. C’est tous ensemble qu’on gagnera la manche. Pour moi, c’est une force d’avoir un groupe élargi avec toutes les possibilités.

Journaliste – Contrairement aux autres équipes que vous avez rencontrées, vous croisez l’équipe du Nigeria qui vous a battu à la deuxième journée. Est-ce que ce n’est pas un élément de nature à vous poser des difficultés dans la stratégie à mettre en place à nouveau de cette formation ? Est-ce que ça ne va pas vous amener à beaucoup réfléchir, à beaucoup faire de calculs, sachant que c’est une équipe qui vous a battus il y a quelques semaines ?

Non, parce que de toute façon, quels que soient les matches avec le staff, on réfléchit beaucoup. Mais la préparation de ce match-là, elle est comme toute la préparation des autres matches. On va se concentrer sur nous, notre confort, notre faiblesse et regarder comment on peut le développer. Bonjour coach, bonjour Sébastien.

Journaliste – Sébastien, à quel genre de match tu t’attends demain ?

Haller – Je m’attends forcément à un match breveté, parce qu’on connaît aussi un peu la manière de jouer des Nigérians. Ça va être un match assez relevé, typiquement. Ça, c’est sûr, c’est une certitude. Maintenant, à nous de leur poser des problèmes pour essayer d’étirer leurs lignes et de créer des espaces, simplement, et utiliser leur faiblesse, si je puis dire. Parce que, même si, on va dire qu’ils sont dans le même registre que moi, on ne peut pas être parfait. Donc, à nous d’utiliser leur faiblesse pour essayer de créer des espaces et de faire en sorte de créer des occasions, tout simplement. On va l’utiliser, on va l’analyser, et on va faire en sorte de faire un bon match.

Journaliste – Est-ce que vous avez la sensation, dans le groupe, comme cette idée que rien ne peut vous arrêter, que vous revenez tellement de loin ?

Haller – Il se passe quelque chose à l’intérieur du groupe, de manière quasiment émotionnelle. Je pense qu’on revient de très loin. On l’a tous réalisé. Je pense que tout le monde a passé des moments assez compliqués après la défaite contre la Guinée-Equatoriale. Aujourd’hui, on a aussi un sentiment de… On revient de très loin. Pour nous, on n’a pas grand-chose à perdre. C’était juste de donner le maximum. On a eu la chance d’en avoir une seconde. À nous de ne pas la gaspiller, de donner le maximum, de n’avoir aucun regret, surtout. C’est ce qui a, je pense, contribué à ces victoires-là.

Journaliste – Est-ce que tu as de la pression individuelle pour prendre ton équipe, pour gagner cette troisième étoile ?

Haller – Oui, bien sûr, j’ai de la pression. Je suis un attaquant, donc tout ce qui concerne le score des buts et de mettre mon équipe à l’avant pendant le jeu, c’est une sorte de responsabilité pour moi. J’y comprends, mais cette pression doit être prise par tout le monde. C’est comme ça que le football fonctionne. J’espère que cette pression va amener mon pays à l’avant.

 

 

Crédit photo : ATS


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