Afrique [Interview Exclusive] Tiago Azulão capitaine de Petro Luanda : « Si nous sommes arrivés en demi-finale, nous rêvons de la finale et quand nous y serons, tout peut arriver »



Tiago Lima Leal, plus connu sous le nom de Tiago Azulão, est sûrement l’homme clé du Petro de Luanda cette saison. Le Brésilien fait les beaux jours de l’équipe angolaise la plus titrée. À quelques heures de la première demi-finale de la ligue des champions africaine qui opposera le Petro Luanda, au Wydad de Casablanca, l’attaquant et capitaine de l’équipe angolaise a bien voulu accorder une interview à Africatopsports. Dans cet entretien exclusif avec ATS, le natif de  São Paulo, retrace son parcours, dévoile ses ambitions, non sans oublier de parler de son club qui retrouve les demi-finales de la Ligue des champions, 21 ans après leur dernière apparition dans le dernier carré continental.

ATS- Pouvez-vous, tout d’abord, vous présenter à nos lecteurs ?

T.A- Je m’appelle Tiago Leal, plus connu dans le monde du football sous le nom de Tiago Azulão, je suis brésilien, j’ai 34 ans. Je suis  footballeur professionnel évoluant au club angolais de Petro de Luanda, je suis marié et  père d’une fille.

ATS- Vous avez joué dans une dizaine de clubs dans votre pays, qu’est-ce qui explique cette instabilité ?

T.A- Au Brésil nous sommes beaucoup de joueurs et il y a beaucoup de compétitions et pour atteindre l’élite c’est très difficile. Les clubs des autres divisions reçoivent chaque jour de nouveaux joueurs. Beaucoup de joueurs sont obligés de quitter aussi pour trouver de nouveaux challenges, d’où l’instabilité en terme de passages par plusieurs clubs.

ATS- Vous avez été en Europe mais vous ne vous êtes pas imposé, quelle en est la raison ?

T.A- En Europe j’ai eu la malchance de me blesser deux fois et donc je n’ai pas pu jouer correctement. C’est pourquoi je suis retourné à Petro après une année là-bas en Europe.

ATS- Peut-on vous considérer comme un malheureux globe-trotter  ?

T.A- Je crois que les expériences nous donnent beaucoup plus de bonnes choses, donc un voyageur est un être heureux et non pas malheureux. Et le football est partout où je suis allé. Ces différents passages m’ont appris beaucoup plus de bonnes choses que de mauvaises.

ATS- On vous promettait une grande carrière à la brésilienne, qu’est-ce qui a cassé cela ?

T.A- Comme je l’ai dit, il y a beaucoup de Brésiliens dans le monde du football. Me concernant, ma carrière se déroule comme il se doit. Je suis heureux et je me sens comblé par ma carrière, mais je cherche toujours plus.

ATS- Qu’est-ce qui explique votre succès en Angola ?

T.A- Je voulais déjà quitter le Brésil, et l’Angola était l’opportunité que j’avais à ce moment-là, et j’ai accepté parce que je savais que Petro était grand et que le défi serait intéressant. Tout le succès vient du travail acharné, du dévouement, du fait d’être heureux là où vous êtes. Cette réussite est la somme de tous les efforts consentis depuis le début. L’Angola est un pays, formidable et le club m’a très bien accueilli.

ATS- Ce championnat est-il moins compétitif que les autres où vous avez joué dans le passé ?

T.A- Oui compétitif c’est peut-être même moins, mais, il faut savoir que jouer en Afrique et en Angola aussi n’est pas facile. Les Africains sont très rapides et forts aussi.

ATS- Seriez-vous prêt à retourner au Brésil ou dans un club d’élite en Europe ?

T.A- Je suis très heureux ici, mais le football est imprévisible, tout peut arriver. Mais mon objectif n’est pas de retourner au Brésil.

ATS-Vous réalisez une saison exceptionnelle avec le Petro Luanda, qu’est-ce que cela vous fait ?

T.A- Oui c’est mon meilleur moment à Petro. Je me sens très bien et j’espère pouvoir finir champion national et aider aussi Petro à atteindre la finale de la ligue des champions. Si cela arrive, ça serait parfait.

ATS- Vous êtes le premier joueur étranger à terminer meilleur joueur de la C1, quel est votre sentiment par rapport à cela ?

T.A- Je l’ai appris cette semaine, je suis heureux de l’exploit et je veux vraiment terminer la compétition comme meilleur buteur, ce sera une étape importante pour ma carrière.

ATS- Quelles sont vos ambitions ?

T.A- Mes ambitions pour le moment, sont d’être champion avec Petro, d’aller en finale de la ligue des champions et de finir meilleur buteur. Le futur est entre les mains de Dieu.

ATS- Vous réalisez des performances exceptionnelles à 34 ans, quel est votre secret ?

T.A- Le secret est, en plus d’avoir une bonne pré-saison, de bien manger, de se reposer après les matchs et les entraînements, et de bien dormir. Je n’ai jamais eu beaucoup de problèmes de blessures, donc je me sens bien à 34 ans.

ATS- Votre club atteint le dernier carré de la Ligue des champions 21 ans plus tard, qu’est-ce que cela vous fait ?

T.A- Aider Petro à atteindre les demi-finales après 21 ans est très gratifiant. Ce groupe est déjà dans l’histoire maintenant nous rêvons plus.

ATS- Étiez-vous préparé à atteindre ce stade de la compétition ?

T.A- Au début, nous voulions passer par les phases, étape par étape, mais nous n’avions pas imaginer que cette campagne serait comme elle l’est actuellement pour nous.

ATS- Votre adversaire le Wydad Casablanca est une équipe tactique, bien organisée et très expérimentée, le Petro Luanda a-t-il les moyens de la battre ?

T.A- Le Wydad Athletic Club est un adversaire très fort. Il sera difficile, mais il est certainement possible de passer et nous ferons tout pour y arriver.

ATS- A ce stade de la compétition, vos objectifs ont-ils été largement atteints ou pas encore ?

T.A- Les objectifs étaient de passer les mercredis (Ndlr les matchs de poules se jouaient les mercredis), et nous l’avons réussi. Maintenant nous en voulons plus.

ATS- Pensez-vous pouvoir créer l’exploit et remporter le trophée à la fin ?

T.A- Si nous sommes arrivés  ici, (en demi-finale) nous rêvons de la finale et quand nous y serons, tout peut arriver.

ATS- Comment se porte le football angolais ?

T.A- Le football angolais se porte bien.

ATS- Les autres clubs angolais sont-ils bien dotés pour bousculer la hiérarchie sur la scène africaine ?

T.A- Oui je le crois. Ici les clubs sont très ambitieux. Ils essaient toujours de se surpasser pour faire partie du gratin du football africain.

ATS- Seriez-vous prêt à jouer pour l’équipe nationale d’Angola ?

T.A- J’ai déjà eu cette invitation mais ça n’a pas marché, mais j’ai accepté. C’est un honneur j’aime ce pays.

ATS- L’Angola reviendra-t-il en 2023, après son absence à la dernière CAN, à noter qu’il partage le groupe des éliminatoires avec le Ghana, le Madagascar et la République centrafricaine ?

T.A- Il est difficile de prévoir, le football change beaucoup. Mais je l’espère. L’Angola mérite de retrouver sa place dans le  du football africain.

ATS- Quel est votre avis sur le niveau du football africain ?

T.A- Le niveau est bon mais ça dépend de l’analyse. L’importance c’est qu’il grandisse et se développe, que les clubs s’organisent plus chaque année. Il y a beaucoup de bons joueurs en Afrique il faut qu’on les aident à s’émerger. Il faut que les enfants quittent la rue et deviennent des joueurs, que la pauvreté s’arrête en Afrique. C’est ça mon rêve.

ATS- Les étrangers comme vous viennent jouer en Afrique, cela prouverait-t-il que l’Europe n’est plus le seul endroit pour briller ?

T.A- Le continent africain est beau et le football est aussi une passion ici. Seulement il y a peu de joueurs étrangers qui viennent parce qu’on ne parle pas beaucoup du foot africain dans le monde, et qu’il y a peu d’investissements. Mais cela change petit à petit et j’espère que cela changera encore plus.

ATS- Votre dernier mot ?

T.A- Merci pour l’interview, embrassez tous les lecteurs et vive l’Afrique, vive l’amour, vive le football.


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