Afrique [Interview exclusive] Sebastien Desabre dévoile son projet pour la Mauritanie

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A la recherche d’un nouveau sélectionneur pour son équipe nationale, la Mauritanie a semble t-il avoir jeté son dévolu sur le Français Sebastien Desabre. Retenu dans une short-list de 4 techniciens (ndlr: avec Pierre Lechantre, Corentin Martins et Milovan Rajevac), l’ancien coach de l’ASEC Mimosas dévoile à Africa Top Sports, son ambitieux projet pour le football local.

Votre nom est cité dans une short-list de 4 techniciens retenus pour le poste de sélectionneur de la Mauritanie ! Que pensez-vous êtres vos chances ?

C’est vrai que mon nom revient dans la short list, je viens de l’apprendre et c’est très gratifiant. C’est une première étape dans un processus de choix du futur sélectionneur de la Mauritanie. Je suis un entraineur ambitieux qui s’est construit ces dernières années au cœur de l’Afrique, et je connais le potentiel de la génération actuelle du pays, qui peut apporter à mon sens encore plus pour le football mauritanien. Un pas a été franchi avec le travail de ces dernières années et ça serait très motivant de le poursuivre. Je suis un homme d’action et je serai ravi de faire encore progresser cette sélection.

Que pensez-vous pouvoir apporter au football mauritanien ?

Ce que je pense pouvoir apporter au football mauritanien et à la sélection, c’est d’abord un plan de jeu ambitieux. Pour réaliser des objectifs, il faut avoir une philosophie de travail mais aussi de formation. Vu la jeunesse de l’effectif et la forte attache des joueurs à leur nation, nous pourrions mettre en place un plan de jeu rigoureux à base de discipline, de générosité et d’humilité. La réussite d’une équipe nationale passe aussi à moyen terme par une bonne organisation et communication avec l’ensemble des acteurs du football local.

Les futurs internationaux passent d’abord par les clubs et les sélections de jeunes, il faut donc être très attentif et être investis dans le football local, voir les matchs du championnat, suivre les sélections de jeunes, participer à la formation des cadres notamment.

Le précédent sélectionneur (ndlr: Patrice Neveu) est très apprécié et a fait du bon boulot pendant 2 ans (une qualification pour le CHAN notamment). C’est une pression pour vous ? 

C’est vrai que Patrice a fait passer une étape importante à cette équipe. La qualification au CHAN l’atteste. Il faut prendre le projet où il s’est arrêté et le faire progresser encore. Cela passera d’abord par un grand investissement.

Que savez-vous du football mauritanien ?

J’ai eu la chance de coacher de nombreux clubs en Afrique dont près de 50 matchs internationaux. J’ai joué avec l’Asec Mimosas en Mauritanie en Ligue des champions, à l’époque contre Consando qu’on avait éliminé en 2010. Je connais bien le football africain et notamment les joueurs qui composent cette équipe pour en avoir vu évoluer certains et jouer contre eux. Les joueurs mauritaniens sont des joueurs très techniques qui doivent prendre confiance en leurs qualités. Le parcours des joueurs qui joue à l’étranger est déjà une première étape.

Le football local a ses réalités comme les différents championnats africains que j’ai eu la chance de connaître (Côte d’ivoire, Cameroun, Tunisie), et l’adaptation à ses réalités est un élément important pour faire évoluer l’équipe.

Vous êtes passé dans des clubs en Côte d’Ivoire (ASEC), au Cameroun (Coton Sport), et en Tunisie tout récemment. La sélection de Mauritanie, c’est une manière de franchir un palier?

Mon parcours en Afrique de l’ouest, en Afrique central et au Maghreb et dans les compétitions internationales me permettent de connaître les mentalités et les attentes des joueurs qui ne sont pas les mêmes. Etre sélectionneur de la Mauritanie serait une étape pour mon parcours professionnel mais aussi l’opportunité de mettre en application la pluralité de mes compétences : Management, Entrainement, Planification.

Je pense que mon profil d’entraineur ambitieux correspond bien avec les objectifs de la fédération mauritanienne sur ces prochaines années.

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Le travail au quotidien en club vous lasse t-il ?

Non, le travail en club ne me lasse pas comme vous dites, mais je souhaite m’investir pleinement dans un projet ambitieux. Je suis également sollicité par des clubs reconnus (ndlr: Hilal (Soudan) Ahli (Arabie Saoudite), Raja Casablanca (Maroc) qui ont un réel projet à développer, mais je préfèrerai aujourd’hui entrainer une sélection car je pense que c’est une suite logique à mon parcours.

Quel va être votre premier chantier si vous êtes nommé sélectionneur des Mourabitounes ?

Le premier travail est la planification concrète du projet global pour réaliser les objectifs fixés. Mettre en place une feuille de route pour que la sélection soit compétitive dans la prochaine qualification à la CAN 2017 et cela passe par une imprégnation rapide du championnat local, des sélections de jeunes, afin de dénicher des joueurs qui pourront aider l’équipe. Le suivi des joueurs qui composent la sélection actuellement est également primordial.

Votre passage à l’Espérance de Tunis a été un peu mouvementé. Vous avez notamment occupé plusieurs rôles (Directeur technique, coach intérimaire, manager général). Cette instabilité a-t-elle quelque chose à avoir avec vos envies de départ ?

Je considère que la stabilité est la base de la réussite d’un projet. C’est vrai qu’à l’Espérance, j’ai eu plusieurs fonctions importantes, mais qui ne m’ont pas permis de mener à bout les projets initiés. La pluralité de mes compétences (entraineurs, manager, formateur) a fait que l’on a fait appel à moi là où ça n’allait pas, comme j’estime que je suis à disposition de mon employeur, j’ai accepté à chaque fois même si les taches confiés étaient parfois difficilement réalisables. Aujourd’hui, j’ai envie de me lancer dans un projet avec un objectif clair.

L’objectif de la Mauritanie est de se qualifier pour la CAN 2017. Un objectif réalisable ? 

Il n’est pas utopique de penser à cette qualification au vue du dernier CHAN et du travail accompli ces dernières années. Maintenant cela passera par un investissement total de tous les jours. Je suis ambitieux et je pense que cet objectif est difficile mais réalisable.

Comment vous définiriez-vous en tant qu’entraineur ?

C’est toujours difficile de parler de soi, mais je suis un entraineur ambitieux, passionné et travailleur qui a eu la chance d’entrainer les clubs les plus prestigieux d’Afrique, avec lesquelles j’ai peu obtenir de bons résultats et qui m’ont permis de partager des émotions inoubliables.

Publié par Steven LAVON pour Africa Top Sports

Rédacteur en chef à Africa Top Sports. Premier portail sportif Africain. http://www.africatopsports.com