Afrique Le sport peut-il contribuer à la résolution des conflits?

221 BLIC corrige _V8_220Souvent considéré comme un « fait social total », le sport a été présenté en 1984 par l’historien français, Pierre Milza, comme un « instrument de la diplomatie, au centre de la vie internationale ». Alors pourquoi le sport, tant vanté, ne sert-il pas à pacifier un monde constamment en guerre ?

Milza fait l’éloge du sport. Pour cet historien français, le sport est un « phénomène de masse, étendu de nos jours à l’échelle de la planète, traversé par toutes les idéologies du siècle, indicateur de la puissance et du déclin des nations, tantôt révélateur tantôt manipulateur du sentiment public, intégré aux stratégies offensives ou défensives des Etats ».

Le sport va au-delà du terrain

 Voilà qui est dit ! Le sport est une chose sérieuse. Tenez, aujourd’hui, le président du Comité international olympique est reçu comme un Chef d’Etat. En octroyant l’organisation des Jeux Olympiques à tel ou tel pays, que pensez-vous qu’il est en train d faire ? Il distribue simplement des billets de bonne conduite politique qui ont force de loi. Autrement, les questions des droits de l’homme n’interviendraient pas quand il fallait désigner la Russie comme pays organisateur des JO d’hiver 2014. Tout cela a un sens.

Sepp Blatter peut décider de relances économiques en accordant l’organisation de la Coupe du monde à tel ou tel pays. L’Afrique du Sud, le Brésil et le Qatar, qu’on appelle des pays émergents ont été désignés pour abriter la Coupe du monde. Quant au Qatar, malgré les incessants dénonciations et appels à reprogrammer la compétition, Blatter reste le seul maître à qui revient le dernier mot. Ce qu’il décidera fera autorité. A coup sûr ! C’est comme cela.

Le pouvoir du sport dépasse les limites des pelouses. Pierre Milza l’a si bien écrit : « le sport est un instrument de la diplomatie ». Savez-vous qu’Albert Camus était un grand gardien de but ? Une casquette que beaucoup ne connaissent pas au philosophe, auteur de L’Etranger. Camus disait ceci : « Ce que je sais à propos de la moralité et des obligations des hommes, c’est au sport que je le dois ». Tout le génie philosophique de Camus repose donc sur le sport.

Le sport a donc sa place dans l’analyse de la scène internationale. Mais alors, pourquoi, malgré la place qu’il occupe, le sport ne permet-il pas de résoudre les nombreuses crises qui secouent la planète et que la diplomatie peine à juguler ?

Le sport comme instrument de résolution des conflits

Vecteur d’identité nationale, le sport est aussi un instrument de reconnaissance, de propagande (les messages contre le racisme, la lutte contre le VIH Sida par Guerreexemple), d’éducation, de contrôle social, mais étonnamment de résolution de conflits.

En effet, le sport est un moyen d’appréhender le climat politique entre les Etats. Un événement sportif peut être l’occasion de tensions, voire de conflit. En exemple, on citera le match entre L’Algérie et l’Egypte lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2010. D’autres plusieurs exemples sont à citer.

Or, la plupart des questions politiques sont souvent réglées par la voie diplomatique. Donc, le sport, si on lui reconnait véritablement toute la place qui lui revient, pourrait efficacement contribuer à juguler les nombreuses crises sociopolitiques que connaissent certaines parties du globe.

Si le président du CIO est traité comme un Chef d’Etat, si le patron du football mondial traite directement avec les Chefs d’Etat, les problèmes des fédérations, c’est dire donc qu’ils ont le pouvoir d’influer sur les sphères de décisions politiques, à l’image du Pape dont les avis sont très importants dans le règlement des conflits.

Au demeurant, les dépenses engagées par les gouvernements pour l’organisation des événements sportifs, sont la preuve que le sport n’est pas qu’un événement de distraction, ni un simple rendez-vous d’affaires, mais bien plus encore : il joue un rôle très déterminant dans la reconnaissance internationale et le renforcement de la puissance d’un pays. Dans son « introduction historique à la diplomatie olympique et sportive », Gabriel Bernasconi écrivait ceci : « les performances sportives des Etats-Unis auraient favorisé l’émergence d’un sentiment de supériorité de la nation américaine ».

Le sport est une inépuisable mine d’or, il appartient à ceux qui la possèdent de s’en servir au profit de l’humanité.

 

 

 

Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

L'équipe de la rédaction d'Africa Top Sports