Afrique Mondial 2014 : 1, 2, 3 viva Africa, pourquoi le continent doit aller au-delà des quarts!

En 2000, The Economist présentait, dans sa parution du 13 mai, l’Afrique comme un continent sans espoir, à cause des guerres, de l’instabilité politique, de la corruption, de la pauvreté… Onze ans plus tard, le magazine britannique changeait de vision et titrait « L’Afrique se lève ». Un défi à relever sur tous les plans. Le sport y compris.

 Andre-Ayew-Asamoah-GyanL’Afrique a son mot à dire sur l’échiquier mondial. En juin prochain, cinq nations africaines défendront le continent au Brésil à la faveur de la 20e édition de la Coupe du monde de football, l’événement planétaire le plus suivi. Ne pas participer pour faire de la figuration cette fois-ci!

Rétrospective

En 1990, c’est toute l’Afrique qui s’était mise aux pieds du Cameroun de Roger Milla. Cette année-là, les Lions indomptables gagnent la sympathie du monde entier en atteignant les quarts de finale du Mondial italien. Les Camerounais ont notamment surpris les champions du monde argentins de Diego Maradona grâce à un grand Roger Milla.

Douze ans plus tard, un autre pays africain, qui participait à la compétition pour la première fois, surprend tout le monde. Le Sénégal de Pape Bouba Diop, Elhadji Diouf, Ferdinand Coly, Khalilou Fadiga, Tony Silva, marche sur les champions du monde et d’Europe en titre (1-0), se neutralisent (0-0) contre le Danemark et l’Uruguay, pour se retrouver en 8emes de finale de la Coupe du monde Corée-Japon 2002. Les Lions de la Teranga battent 2 buts à 1 la Suède. Ils retrouvent ensuite la Turquie en quarts de finale pour un match très défensif, qui malgré les nombreuses occasions affichera 0 – 0 à la fin du temps réglementaire. Ce sera après 3 minutes de prolongation qu’Ilhan Nigéria 1Mansiz mettra fin au rêve des Sénégalais en marquant un superbe but en or.

Le Mondial sud-africain avait suscité beaucoup d’espoir chez les Africains. Une première Coupe du monde en terre africaine, cerise sur le gâteau pour un continent qui n’a jamais franchi le seuil des quarts de finale. Mais le Ghana ne sera pas la première équipe africaine à atteindre une demi-finale de Coupe du monde. Les Ghanéens ont été éliminés par l’Uruguay en quart de finale du Mondial 2010. Comme l’ont été les Camerounais en 1990 face à l’Angleterre et les Sénégalais face à la Turquie en 2002.  Une vilaine main de Luis Suarez venait ainsi de briser le rêve de tout un continent. Un rêve que Asamoah Gyan aurait pu transformer en réalité à la 104e minute.

 

Il faut, à présent, briser le signe indien

Didier+Drogba+Ivory+Coast+v+Tunisia+2013+Africa+3FN2S3E4kCixJamais une équipe du continent n’avait dépassé les quarts de finale d’une Coupe du monde de football. En 1990, les Lions indomptables du Cameroun s’étaient cassé les dents sur des Anglais malins, qualifiés grâce à deux penalties de Gary Lineker (3-2 après prolongation). En 2002, les Lions de la Teranga sénégalais avaient cédé 1-0 face à une Turquie à leur portée. En 2010, le Ghana n’a pas été inférieur à l’Uruguay même si cette dernière a affiché plus de constance et de maîtrise. Les Ghanéens ont même démontré une belle force collective et morale, un réalisme qui les rapproche presque des tous meilleurs. Mais presque, seulement.

Alors, voir une équipe africaine passer les quarts de finales serait un exploit jamais réalisé.  Et ce n’est pas impossible ! Avec des nations telles que la Côte d’ivoire, le Nigéria, l’Algérie, le Cameroun et surtout le Ghana, tout est permis.

Tous derrière l’Afrique

Quelques heures avant le match Uruguay-Ghana comptant pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2010, voici ce que déclarait André Ayew, la grande révélation de ce mondial, à Christophe Jousset de RFI : « Oui, on sent qu’il y a toute l’Afrique derrière nous. On sent que les gens veulent qu’on réussisse. C’est bien, il faut que cela continue, qu’on utilise cela comme un plus dans les stades, pour avoir plus d’envie et de motivation sur le terrain, même si on est déjà extrêmement motivé. Ça peut compter sur ces matchs qui se jouent sur des détails. On ressent que tout le continent est uni, cela nous fait plaisir et nous donne envie de rendre tous ces gens fiers. J’espère qu’on va passer ce tour. Des chances comme ça, il n’y en a pas quinze mille, il faut s’y accrocher. »

L’attaquant ghanéen faisait ces déclarations alors que tous les quatre autres pays africains étaient déjà éliminés. Toute l’Afrique ne se voyait donc plus que dans les Black Stars. Cela ne pouvait en être autrement. Et ce sentiment d’être Africains doit encore prévaloir en 2014, quand les cinq représentants du continent vont hisser nos drapeaux sur la plage de Copacabana.

Que ce soit Algérie-Burkina Faso ou Cameroun-Tunisie lors des barrages, il y a eu des réclamations parfois même sur fond de tension. Les commentaires dans les médias Camerprouvent à suffisance qu’on aura du mal à voir un supporteur burkinabé supporter les fennecs lors de ce Mondial  ou un Tunisien célébrer un but camerounais. Et pourtant que l’Algérie ou le Ghana se hisse parmi les cadors mondiaux, ce devrait être avant tout une victoire de l’Afrique. Le continent africain a besoin de vibrer et la Coupe du monde au Brésil devrait nous permettre de vivre des moments incroyables.

L’Algérie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou le Nigéria en demi-finale au Brésil ? De quoi parler d’une seule Afrique, sans distinguer le Maghreb et l’Afrique Subsaharienne. Du moins pour un temps.

Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

L'équipe de la rédaction d'Africa Top Sports