Asie Mondial 2022: Le Qatar annonce l’humanisation des conditions des travailleurs étrangers

Bonne nouvelle pour les travailleurs étrangers employés sur les chantiers devant abriter les matches de la Coupe du monde 2022. Le pays organisateur, le Qatar, a annoncé mardi une série de mesures pour protéger ces milliers d’ouvriers soumis, selon les défenseurs des droits de l’homme, aux pires formes de traitements. Une réponse à la Fifa qui avait « sommé » l’émirat de présenter au plus tard le 12 février des mesures concrètes pour améliorer le sort des ouvriers.

QataroL’octroi de l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar aura fait couler encre et salive. Le pays est vastement critiqué par les organisations de défense des droits de l’Homme pour les conditions de travail et de vie des employés, en particulier dans le secteur du bâtiment. Sous le feu de ces accusations, le richissime gazier émirati a invité l’Organisation internationale du Travail (OIT) à vérifier l’application de sa législation.

En français facile, le Qatar voudrait simplement que les experts de l’OIT constatent par eux-mêmes prises par comité d’organisation du Mondial-2022, récemment renommé « Comité suprême pour les projets et l’héritage au Qatar », pour l’humanisation de ces travailleurs des Népalais pour la plupart. Ce comité  a annoncé « des normes pour le bien-être des travailleurs« . Doha précise avoir appelé l’OIT à suivre « tout le processus allant du recrutement aux conditions de vie et de travail » des immigrés employés sur ces chantiers.

L’essentiel des mesures prises

Ces textes exigent que les entrepreneurs versent les salaires sur des comptes  bancaires et prévoient un système permettant de « vérifier que tous les travailleurs sont bien payés et à temps« . Le document prévoit aussi « des normes pour le logement des travailleurs, fixant des bases claires concernant le nombre de lits par chambre et assurant un seuil minimum en matière de propreté et d’hygiène« .

Des mesures peu convaincantes pour l’Ituc

Pour la Confédération syndicale internationale (Ituc), ces initiatives ne visaient qu’à « renforcer le système controversé du kafala« , système en vigueur dans les pays

Les-chantiers-a-Dohadu Golfe et par lequel chaque salarié est en fait la quasi-propriété de son « sponsor », son « Kafil ».

« La promesse de garantir la liberté de mouvement est une mascarade dès lors que le Qatar applique une ségrégation des ouvriers sur une base raciale« , a estimé Sharan Burrow, secrétaire générale de l’Ituc. « Si la Fifa est sérieuse quant à l’organisation de la Coupe du monde 2022 par le Qatar, elle doit demander la liberté d’association afin que les ouvriers puissent être représentés par la personne de leur choix« .

Amnesty International, qui a vu dans les mesures annoncées à Doha « un effort positif, même partiel, pour prévenir certains des pires abus » commis sur les chantiers du Mondial, estime toutefois que cela « ne répond qu’aux préoccupations d’une proportion relativement faible des migrants au Qatar, ceux impliqués dans la construction des stades et des terrains d’entraînement« , selon James Lynch, chercheur d’Amnesty sur les droits des migrants dans le Golfe. Amnesty, très critique envers le Qatar, exige donc une véritable réforme incluant le système Kafala.

Le traitement réservé aux travailleurs étrangers au Qatar, la question sera débattue jeudi devant une commission du parlement européen.

Publié par Equipe rédaction pour Africa Top Sports

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