Foot Afrique La Fifa envisage une Coupe du monde tous les deux ans

Journaliste à Africa Top Sports Premier portail sportif Africain https://www.africatopsports.com




A l’occasion de la 71e assemblée de la FIFA qui se tiendra ce vendredi, les dirigeants du football mondial discuteront de l’idée d’une « faisabilité » d’une Coupe du monde masculine et féminine organisée tous les deux ans. De son côté, Arsène Wenger, l’ex-entraîneur d’Arsenal qui est aujourd’hui directeur du développement à la FIFA, recommande « d’aboutir chaque fin d’année à une grande compétition ».

On attendait des débats sur les menaces de boycott du Mondial qatari ou sur l’éphémère Super Ligue… Mais c’est une nouvelle bataille du calendrier qui se dessine vendredi au Congrès de la FIFA, avec l’idée d’une Coupe du monde tous les deux ans. Inscrite à l’agenda par la fédération saoudienne, proche du patron de la FIFA Gianni Infantino, cette proposition a de quoi allécher les diffuseurs mais crisper les championnats nationaux, les confédérations et tous les clubs qui constatent déjà l’épuisement des joueurs.

La 71e assemblée de l’instance du foot mondial, censée se tenir à Tokyo et rebasculée en visioconférence, ne touchera pas dès cette année à son joyau, qui se tient tous les quatre ans. Mais le simple fait d’envisager « une étude de faisabilité sur les conséquences de l’organisation » de Mondiaux masculin et féminin « tous les deux ans », idée distillée depuis plusieurs semaines déjà, fait l’effet d’une petite bombe.

Car dès le 3 mars, Arsène Wenger, directeur du développement au sein de l’instance mondiale, préconisait dans une interview au Parisien d’organiser « tous les deux ans » la Coupe du monde, l’Euro et les autres championnats continentaux, « et d’arrêter tout le reste ». Bien que l’idée ait aussitôt été jugée « irréaliste » par l’association European Leagues, qui regroupe une trentaine de championnats européens, elle figure aussi dans un rapport rendu la semaine dernière par le même Arsène Wenger, qui recommandait samedi « d’aboutir chaque fin d’année à une grande compétition ».

Une telle refonte du calendrier sonnerait le glas des matches amicaux, réorganiserait les phases de qualification, décalerait les tournois continentaux programmés deux ans après le Mondial, et imposerait aux clubs de libérer leurs internationaux chaque été – donc de retarder leur reprise et d’assumer un risque supplémentaire de blessure. L’impact économique est lui aussi incertain : « Attention au risque de rendre le produit moins rare, donc moins prestigieux » que le Mondial actuel, explique à l’AFP Raffaele Poli, responsable de l’Observatoire du football CIES à Neuchâtel.

Après la réforme par l’UEFA de sa Ligue des champions au-delà de 2024, avec cent matches supplémentaires qu’il va falloir caser, la FIFA « montre qu’elle aussi peut saturer le calendrier », relève le responsable du CIES. Reste à voir comment ces manœuvres seront accueillies par les championnats, entraîneurs, joueurs ou supporters, las de n’être pas consultés sur des programmes toujours plus denses et déjà exaspérés par l’épisode Super Ligue, ce projet de compétition privée voulu par douze grands clubs dissidents et rapidement avorté face au tollé général.

« Peut-être devons-nous demander à l’UEFA et à la FIFA de prolonger l’année. Peut-être que nous pourrions avoir 400 jours par an », ironisait ainsi mi-avril Pep Guardiola, l’entraîneur de Manchester City.

AFP


Articles récents