Afrique CAN 2021- Aliou Cissé (coach Sénégal) : « Il ne faut pas s’enflammer, ce sera une grosse bataille contre le Burkina Faso »

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Aliou Cissé, sélectionneur du Sénégal, ne voulait retenir que la victoire face à la Guinée Equatoriale en quarts de finale de la CAN 2021, malgré ce premier but encaissé dans le tournoi.

Victoire finale 3-1 du Sénégal face à une très valeureuse équipe de Guinée Equatoriale. Buts de Diedhiou, Kouyaté et Sarr pour les Sénégalais, Buyla pour les Guinéens. Après la qualification du Sénégal en demi-finale de la CAN 2021, Aliou Cissé, s’est exprimé aux micros des journalistes.

 

Journaliste -Votre réaction après cette qualification pour les demi-finales

On a bien entamé le match et surtout réussi à marquer le deuxième but et le troisième. On aurait bien aimé continuer sans encaisser, mais je crois qu’il faut retenir la victoire. Il faut féliciter aussi cette équipe guinéenne qui a été techniquement très très forte. Donc il fallait courir et maintenir la pression sur eux. Mais dans l’ensemble, je suis satisfait. Nous dédions cette victoire à notre peuple.  Maintenant, il faudra récupérer puisqu’il y aura encore un combat face au Burkina Faso.

 

Journaliste -Coach, pour moi vous êtes l’homme du match ce soir pour avoir fait ces deux changements productifs. Je voudrais savoir à quel moment vous vous êtes dit qu’il était temps de lancer dans le bain Cheikhou Kouyaté et surtout Ismaïla Sarr qui revenait de blessure ?

(Rires). Merci. On connaît tous Cheikhou (Kouyaté). C’est un garçon expérimenté. Après le carton de Pape Gueye, il était amoindri et ne répondait plus normalement donc, il fallait le changer. Avec son entrée, Cheikhou nous a apporté un peu plus de stabilité sur le côté droit où on a beaucoup peiné en première période. En ce qui concerne Ismaïla, on savait qu’il pouvait rentrer à n’importe quel moment. Nous nous battons depuis deux mois contre Watford pour le garder avec nous parce que je connais ses qualités et je sais que l’équipe a besoin de lui. Il n’a pas besoin de plusieurs occasions avant de marquer des buts. Nous sommes très fiers de leurs entrées. Nous avons sélectionné 30 joueurs et on compte sur tout le monde. Et nos garçons sont prêts qu’ils soient sur le banc ou qu’ils commencent. Il y a une solidarité, le groupe vit bien et c’est très bien que la solution vienne du banc aujourd’hui (dimanche, ndlr).

 

Journaliste -Coach, qu’avez-vous dit à vos joueurs après l’égalisation équato-guinéenne ?

De continuer à jouer. Comme je l’ai dit en conférence de presse d’avant match, il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation. Plus le match durait, mieux ça serait pour nous. Et c’est ce que les garçons ont fait. On a insisté et continué par attaquer sans être perturbés par ce but là.

 

Journaliste -Après un début de tournoi un peu difficile, on a l’impression que vous êtes à votre sommet là et que vous jouez comme une grosse équipe. Est-ce que vous avez l’impression d’avoir joué un grand match contre la Guinée Équatoriale et que vous pouvez remporter la CAN ?

 

Non, on ne s’enflamme pas. On a voulu mettre beaucoup d’intensité en début de match mais il n’y en pas eue, puisque le match a démarré très doucement. Comme je vous l’ai dit, on a fait un début de préparation très difficile. Beaucoup disaient que nous cherchions des excuses, mais quand vous perdez dix joueurs, c’est normal que le début soit difficile. Mais nous avons travaillé avec la foi, on n’a jamais abandonné et on continue à progresser. Aujourd’hui, c’est vrai que tout le monde est d’accord que le Sénégal est en train de monter en puissance. Mais le football est fragile et il ne faut pas s’enflammer parce que ce sera une grosse bataille contre le  Burkina Faso.

Journaliste -Quel message allez-vous transmettre aux joueurs, avant cette demi-finale contre le Burkina Faso ?

On a toujours cru en nous et continuer à travailler ensemble malgré les critiques. Ça fait six ans que nous sommes ensemble et on connaît notre force. Il y en a beaucoup qui sont à leur quatrième CAN cette année donc, il y a de l’expérience. Moi-même j’ai été footballeur et je connais cette compétition. Nous sommes restés soudés dans les moments difficiles et gagner ce match-là fait plaisir. Mais comme je l’ai dit, rien n’est fini. Il nous reste encore deux matchs. Et il va falloir préparer bien le match contre le Burkina Faso. Tout le monde sait que les matchs entre le Sénégal et le Burkina sont très disputés et nous nous attendons aussi à un match compliqué dans cette demi-finale.  »

 

Journaliste -Quelle est la différence entre le Burkina Faso que vous avez déjà croisé à deux reprises et celui de cette CAN ?

L’équipe qu’on a rencontrée en 2016 et en 2017, je crois lors des éliminatoires de la Coupe du monde, n’est plus la même. Le Burkina Faso s’est rajeuni. Aujourd’hui, Alain Traoré, Aristide Bancé et Charles Kaboré ne sont plus là mais, il y a des pépites dans cette équipe qui joue avec beaucoup d’insouciance. Après, il y a l’instabilité dans le pays, qui fait que les joueurs sont surmotivés à défendre leur drapeau. Tout ça, s’ajoute aux difficultés qui nous attendent. Mais nous allons préparer ce match sereinement, sachant que ce ne sera pas facile pour nous. Nos résultats, 0-0 chez nous et 2-2 chez eux lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2018 prouvent combien nous éprouvons des difficultés à jouer face au Burkina Faso.

 

Journaliste – Quels sont les enseignements à tirer de ce match, surtout qu’on a senti que la concentration n’était pas au rendez-vous avant l’égalisation de la Guinée Équatoriale ?

Il est difficile de rester concentré tout au long d’une rencontre. Mais je pense qu’il faut aussi reconnaître la qualité de l’adversaire. On a eu notre temps fort en première période et je pense même qu’on aurait pu marquer le deuxième but dans cette première partie. Ils nous ont percés par le milieu, sur nos pertes de balles puisqu’on n’était pas assez compacts. Ce sont des choses qu’il faut rectifier. Mais dans l’ensemble, les garçons ont été réceptifs.

 

Journaliste -Bravo coach parce qu’en vous voyant, vous donnez la leçon qu’il n’y a pas que les expatriés pour entraîner les sélections africaines.

Merci de nous féliciter pour le fait que je suis Sénégalais, né au Sénégal même si j’ai grandi en France. Aujourd’hui, prendre cette équipe nationale, c’est aussi parce que j’ai un background car j’ai été capitaine de cette sélection là, en 2002. J’ai la connaissance de mon continent et je connais les réalités de mon pays. Ça m’aide aussi. Le sélectionneur de la Guinée Équatoriale (Juan Micha, ndlr) est aussi Africain, celui du Burkina également (Kamou Malo, ndlr), ce qui veut dire qu’on a de bons techniciens sur le continent. C’est vrai qu’on ne nous pardonne rien lorsque vous êtes noir et à la tête d’une sélection africaine, ça nous le savons, mais le combat continue. Nous voulons nous imposer, montrer que nous sommes capables de faire et qu’on n’est pas moins compétents que les autres. Maintenant, il faut que nos dirigeants nous fassent confiance. Moi j’ai cette chance là et j’espère que ce sera le cas aussi pour d’autres entraîneurs qui sont en train d’émerger.

 

Journaliste -Quelle équipe aimeriez-vous affronter en finale au cas où vous passez ?

À ce niveau, il n’y a plus de préférence parce qu’il n’y a que de grosses équipes aujourd’hui. Ce sera trop facile de dire ‘je veux jouer un tel adversaire ou un autre’. À ce niveau-là, tous les matchs seront compliqués. L’Égypte, le Burkina Faso et le Cameroun sont toutes de grosses équipes. La différence entre les équipes à ce niveau, n’est pas si grande que ça.

 

Rendez-vous mercredi pour la demi-finale de la CAN 2021 entre le Sénégal et le Burkina Faso.

 

 

Propos recueillis par Pierre Arnaud NTCHAPDA


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