Afrique CAN 2021 – Aliou Cissé (Sénégal) : « Nous ne sommes pas venus ici pour jouer une finale, mais pour remporter le trophée »

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Le Sénégal a battu le Burkina-Faso (3-1) et s’est qualifié pour sa troisième finale de Coupe d’Afrique des nations (CAN), mercredi à Yaoundé. Vainqueur grâce à des buts d’Abdou Diallo (70e), Idrissa Gana Gueye (75e) et de Sadio Mané (87e), le Sénégal rencontrera dimanche le vainqueur de Cameroun-Egypte, joué jeudi. Aliou Cissé est revenu sur cette qualification en finale de la CAN 2021, au micro de Dounia Mesli, envoyée spéciale d’Africatopsports à Yaoundé.

 

Quels sont les enseignements que vous tirez de ce match ?

Ce fut un match très difficile. Je voudrais d’abord féliciter cette équipe burkinabé qui nous a créé énormément de problèmes notamment en première période. Leur force nous a fait reculer. Et il a fallu revoir les choses en deuxième période pour que ça marche. Je tiens à féliciter Kamou [Malo] pour le travail qu’il est en train de faire. Nous sommes satisfaits de la qualification en finale et nous allons la préparer bien puisque nous aurons en face de nous deux grands d’Afrique. Que ce se soit l’Égypte ou le Cameroun. Je veux aussi féliciter mes joueurs car j’ai un groupe formidable. Ça fait six ans que je suis là et je peux vous dire que cette équipe est la meilleure en termes de mentalité et d’état d’esprit. Être en finale ne veut pas dire que nous sommes les meilleurs. Mais en toute modestie, nous ne sommes pas venus ici pour jouer une finale, mais pour remporter le trophée.

 

Vous avez été énormément critiqué bien avant cette CAN. Pensez-vous que tout ce qui a été dit sur vous était juste après cette qualification en finale ?

Les critiques et les mises en cause ? C’est le propre d’un entraîneur. C’est lié au poste. Après, il ne faut pas prendre les choses au premier degré. À un moment donné, il faut prendre du recul, savoir où on est, les gens qui nous entourent. Mais comme je l’ai déjà dit, j’ai toujours eu la foi, l’humilité, me remettre en question aussi parce toutes les critiques ne sont pas aussi infondées parfois. Il faut aussi écouter ce que les gens disent pas seulement pour les entraîneurs mais lorsqu’on est un homme.

 

La première période était très compliquée pour vous. Est-ce que le fait que vos joueurs soient un peu plus rapprochés en seconde partie a été la clé ?

Sur les phases défensives et surtout défensives, je pense qu’il y avait trop d’espace entre nos milieux de terrain et Bertrand Traoré s’intercalait à chaque fois pour récupérer les ballons et alerter sur les côtés. En deuxième période, il fallait jouer beaucoup plus compact, serrer les lignes et essayer de les contrer. Effectivement, on était beaucoup plus proche, on a refermé les couloirs et surtout que le ballon a plus roulé qu’en première période lors de laquelle on a trop gardé le ballon. Ce qui nous empêchait d’avoir une bonne fluidité et une vitesse d’exécution. Mais tout cela est aussi dû au fait qu’on a affronté une très belle équipe burkinabé.

 

Vous vous êtes montrés très serein depuis le début de la compétition même quand votre équipe était très amoindrie. On a l’impression comme si vous connaissiez le chemin qui menait en finale dès le départ. Est-ce que vous pouvez nous confirmer cela ?

(Rires). Il paraît que je suis un peu de nature têtu, je ne me lâche pas beaucoup, je crois. Nous avons vécu de moments très difficiles et j’ai rappelé à ces garçons-là d’où on venait depuis le 27 décembre. Il y a eu des cas Covid allant à sept joueurs qui sont restés à Dakar. Croyez-moi, il a fallu que je prenne les intendants et les médicaux pour pouvoir constituer une équipe qui fera l’opposition, lors de la préparation du match contre la Guinée. Juste pour vous dire qu’on vient de loin. Je ne dirai pas que je connaissais le chemin de la finale avant le début du tournoi, mais lorsque vous passez six ans à la tête d’une sélection et que vous jouez plus de soixante-dix matchs, l’expérience vous montre que dans les moments difficiles, il faut rester calme et remobiliser ses joueurs. Et c’est ce que j’ai fait.

 

Pensez-vous que seule la victoire en finale pourra vous épargner des critiques ?

La victoire oui, nous voulons la remporter et ça ne date pas d’aujourd’hui. Nous voulons aborder cette finale sans pression. Il est important de rester lucide et de penser au jeu et non à l’enjeu. Et c’est ce que je dis à mes garçons : ‘Jouez et prenez du plaisir’. Après, j’ai moi-même été un joueur et je joue pour gagner. Et c’est cette mentalité que je vais transmettre à mes joueurs. Aujourd’hui, ils le captent bien parce qu’ils sont fâchés lorsqu’ils ne gagnent pas. Et ça c’est important.

 

Propos recueillis par la journaliste, Dounia MESLI, Twitter : https://twitter.com/Mesli_Dounia


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